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dimanche 6 octobre 2013

La Patrouille de France est née à Reims...

La PAF meeting de Reims 2009 ©Frédéric Lafarge

La Patrouille de France est née à Reims...
Jeudi 24 octobre 2013 à 18h30
Centre Audiovisuel Saint-Jean-Baptiste de La Salle
20, rue de contrai, Reims


L’Association Nationale des Officiers de Réserve de l’Armée de l’Air (ANORAA) du secteur 170 « Champagne-Ardenne » présidée par le capitaine Laurent Marchwant, l’Association Edmond Marin la Meslée présidée par Hervé Chabaud, vous prient de leur faire l’honneur d’assister à la soirée qu’elles organisent pour célébrer : le 60e anniversaire de la création de la Patrouille de France à Reims. 

Conférence du colonel de la réserve citoyenne Hervé Chabaud et de Frédéric Lafarge, ancien conservateur du Musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale, sur le thème de la naissance de cette prestigieuse patrouille acrobatique, complétée par une intervention de Jean-Pierre Calka, coauteur d’ouvrages publiés sur l’histoire de la base aérienne 112.

Avec la participation du général d’armée aérienne Jean-Pierre Job, Ancien chef d’état major de l’Armée de l’air (2000-2002) et leader de la Patrouille de France de 1975 à 1976.

Exposition de maquettes d’avions - Entrée gratuite 
Renseignements au 06 44 16 41 27



                                 

mercredi 31 juillet 2013

Crash de nuit à Saran d'un B26N le 12 octobre 1962


Crash de nuit à Saran d'un B26N ©Quilbus
Ils ont cru...

Au cours de manœuvres, un B.26 décolle d'Avord, sur alerte, pour effectuer une liaison à Orléan-Bricy. Il fait nuit, le départ a lieu sur les chapeaux de roue sans préparation particulière (comme parfois en pareil cas !).

Dès le décollage le commandant d'avion, navigateur, essaie en vain d'accrocher la balise de Bricy.
Bientôt Orléans est en vue et tout l'équipage cherche la piste. Finalement, le navigateur signale la piste au pilote, qui aperçoit effectivement un balisage. il fait un 360 degrés et appelle Bricy-Airport.

Avion.............Autorisation d'effectuer un break
TWR..............Affirmatif. Vent zu sol 130 degrés 6 nœuds
Avion.............Break
TWR..............Rapellez finale. Je vous signale que le balisage de piste est ouvert. Vous ne verrez la piste qu'en finale. Le taxiway parralèle est allumé.
Avion..............Finale
TWR..............(Ne voyant rien) Position actuelle ?
Avion.............Je suis en bout de bande. Je suis sorti de la piste
TWR..............Vous n'êtes pas à Bricy, mais à Saran. Vous vous êtes trompés de terrain !

Et oui ! ce dialogue radio est authentique. L'avion est sorti de la piste qui est très courte 800 mètres, et s'est immobilisé sur la clôture de défense bordant le terrain. L'équipage a vu arriver les voitures de sécurité incendie, l'ambulance et la Military Police ! Il faut dire que le terrain de Saran est situé en bordure de la ville d'Orléans et qu'il est utilisé par les avions légers de l'U.S. Army.

bel exemple de confiance réciproque : chacun d'eux a avoué par la suite avoir eu des doutes sur l'identification, mais avoir été rassuré par la confirmation donnée par l'autre.

Quant au contrôleur d'aérodrome qui n'a jamais vu les feux et pour cause, il n'a pas cherché a identifier la position de l'avion. La visibilité était de 4 kilomètres, C'est peu, mais tout de même !

Il aurait pu éviter cet accident stupide.

Moralité :
Chefs de bord, ne croyez....
Contrôleurs, soyez vigilants...
J'ajoute que cet accident s'est bien terminé sans blessés, mais que les erreurs  de terrain de destination ou de QFU arrivent encore aussi bien chez les militaires que chez les civils  et que la vigilance de tous reste de mise pour une meilleure sécurité.


Voici maintenant le témoignage de Michel Q. dit QUILBUS qui était mécanicen à bord de ce B26N :

"Nous étions partis d'Avord ou nous étions en manœuvres depuis trois jours volant presque en continu et avions décollé en "alerte" de nuit pour se poser à Orléans-Bricy. Comme cité dans l'article,nous étions en approche et en dernier "break", mais j'ai dit au pilote et au navigateur que je trouvais cette base mal foutue, car nous survolions des maisons à très basse altitude. Nous étions toujours en contact "radio" avec Orléans-Bricy. Par malchance, la piste où nous sommes "crashés" était aussi éclairée. A cet instant, notre navigateur nous dit:"merde,on s'est trompé de terrain". Le pilote a freiné à mort faisant éclater les pneus ,puis nous avons continué notre glissade sur l'herbe, la piste étant trop courte pour ce genre d'appareil. Et nous avons fini notre course dans la clôture du terrain, en plus celle-ci étant électrifiée! Nous avons des arcs et des étincelles de partout., j'ai procédé à l'évacuation d'urgence et nous nous sommes éjectés de l'avion. Mais nous étions déjà entourés de camions de pompiers et d'ambulances, car ce petit aérodrome était affrété par les américains,et ils avaient un avion en"finale" également, c'est pour cela que la piste était éclairée. Nous avions éjecté au plus vite. Mais, une fois au sol, je me suis rappelé que nous avions un collègue en place arrière. Je suis remonté vite fait car il ne bougeait plus, je l'ai secoué : il dormait ! Au réveil, je lui ai dit :"regarde"
Notre avion a subi pas mal de dégâts : les deux hélices tordues, le train avant faussé. Après coup; le pilote nous a dit:"j'étais prêt à remettre les gaz, mais heureusement qu'il ne l'a pas effectué, car en face il y avait un "resto". Comme nous étions sur la route, nous avons été interrogés par la gendarmerie nationale, puis par la gendarmerie de l'air. Bien après, nous sommes allés le dépanner, mais après bien de péripéties avec les américains ,car nous étions en pleine crise de Cuba, à chaque fois il fallait montrer "patte blanche", à la fin nous avions trouvé la combine car c''était des polonais qui montaient la garde, nous leur amenions soit du rouge soit de l'apéro!
Une fois, l'avion remis en état,un pilote un peu kamikaze a pris le risque de le faire décoller avec un minimum d'essence pour rejoindre le terrain de "Bricy".Il avait pris un maxi de longueur de piste.Nous n'en menions pas large en le voyant prendre de la vitesse et décoller enfin en bout de piste au ras des habitations.
Ouf!  Tout s'est bien passé."
"QUILBUS"

Grâce aux experts d'"Aeroforum" nous avons pu retracer en parti l'historique de ce B26N de L'armée de L'air. Puisque s'il s'agit du "358", c'est donc du 41-39358 c/n7071 (prise en compte Armée de l'Air au 19/08/1956).

Voici donc quelques éléments pour cet appareil:

CIB.329 de 08/56 à  02/57 code F-UIYA
CIB.329 de 02/57 à  04/58 code F-UKEA
GB.2/91 de 04/58 à  03/61 code F-UIJI
ECN.1/71 de 06/62 à  10/62  Bône en Algérie
ECN.3/30 de 10/62 à  12/64 Reims BA112


Il a continué à voler au sein de l'ECN 3/30 jusqu'en 1964. Une fois arrivé en fin de potentiel, il a terminé à la ferraille au parc de Chateaudun. Il est remis au Domaines le 16/09/1965.

PS: QUILBUS aimerait entrer en relation avec Jack Krine, qui doit se souvenir de lui, car il a été longtemps son mécano à la 10eme escadre à la BA110 de CREIL où il faisait fonction de mécano de bord à la liaison et a souvent volé avec lui surtout sur MD312"FLAMANT". Si vous savez comment contacter Jack Krine écrivez moi à passiondesavions@orange.fr, je vous mettrai en contact avec Michel Q. dit "Quilbus" qui en sera très heureux.

Sources des informatios :
"Quilbus"
Bulletin de Sécurité des Vols (BSV) N°57 Août 1963


lundi 27 mai 2013

Le CEAM, créé à Reims, fête ses 80 ans !


Les six hangars en béton du groupe nord de la base aérienne 112 de Reims. Les deux hangars métalliques visibles à gauche abritent, pour le plus gros, le centre d’expériences aériennes militaires (hangar n° 4, futur HM7) et, pour le plus petit, l'Aéro-club de Champagne.©Frédéric Lafarge

C’est le lundi 3 juin prochain que, sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, en présence du général d’armée aérienne Denis Mercier, chef d’état-major de l’Armée de l’air, l’Armée de l’air célèbrera en grande pompe le 80e anniversaire de l’une de ses plus prestigieuses unités : le centre d’expériences aériennes militaires. L’occasion de rappeler les toutes premières années d’existence de cette célèbre unité et de se remémorer que c’est en Champagne, plus précisément à Reims, sur la base aérienne 112, qu’elle fut créée, au tout début des années trente.

Aménagé au milieu des années vingt pour abriter un régiment d’aviation à trois groupes (le 12e régiment d’aviation de bombardement de jour, future 12e escadre de bombardement), l’aérodrome militaire de Reims, entré en service fin 1928 et officiellement dénommé « base aérienne n° 112 » le 1er avril 1933, voit le 1er juillet de la même année une deuxième unité prendre ses quartiers sur son sol. Ce jour-là nait en effet le « centre d’expériences aériennes militaires ».

Signé du ministre de l’Air, l’arrêté du 26 avril 1933 créant le « CEAM 381 » stipule que ce centre, rattaché à la 12e escadre de bombardement pour son administration, sera commandé par un officier général ou supérieur relevant directement du ministre. Treize appareils seront affectés à ce centre dont les effectifs provisoires seront de cinq officiers, d’un adjudant-chef, d’un adjudant, de six sergents-chefs et trois sergents, de seize sergents-chefs mécaniciens, de cinq caporaux-chefs et caporaux, de cinquante-huit soldats, de dix pilotes et de sept employés civils.

Quatre missions sont confiées à la jeune unité :
- fixer les conditions d’utilisation du matériel en service de manière à en tirer le meilleur rendement possible au combat ;
- rechercher par l’expérimentation aérienne l’adaptation permanente de la doctrine d’emploi tactique des petites unités à l’évolution technique du matériel ;
- contribuer, en liaison avec les états-majors, à l’élaboration de la doctrine d’emploi stratégique des forces aériennes ;
- proposer à l’état-major des améliorations possibles et souhaitables des matériels en service et aussi des fiches-programmes relatives aux matériels futurs.

Organisé en escadrilles correspondant chacune à l’une des grandes spécialisations de l’Armée de l’air naissante – le renseignement, le bombardement et la chasse –, le CEAM dispose pour sa logistique d’un organisme commun s’appuyant sur les moyens dont dispose la base aérienne de Reims : la section des moyens généraux.

Par la suite seront créées au sein du CEAM une escadrille de vol rasant, une section d’étude en vol des appareils de radionavigation et une section de détection électromagnétique ; fin 1934, une section d’autogires Lioré-et-Olivier C-30 lui sera affectée.


L’un des autogires mis en œuvre par le centre d’expériences aériennes militaires, photographié à l’intérieur de l’un des hangars de la base aérienne 112 de Reims ©Frédéric Lafarge

Le centre installera son état-major en ville, rue de Neufchâtel, tandis que ses avions prendront place sur la base aérienne, à l’intérieur de l’un des hangars du groupe ouest, le hangar n° 4 (futur hangar HM 7), que ne tardera pas à libérer la 23e escadrille de chasse de nuit, transférée à Chartres.

Le choix du terrain d’aviation de Reims s’explique par l’existence d’une importante place militaire où caserne une unité motorisée : la 1re division légère mécanique. Par ailleurs, outre le fait d’être située à proximité des vastes camps militaires de Tahure, de Châlons et de Sissonne, la Cité des Sacres permet des liaisons faciles avec la capitale, distante de cent quarante kilomètres seulement. Enfin, la base aérienne est sur le point d’héberger une escadre de chasse en plus de la 12e escadre de bombardement (la future 4e escadre aérienne), d’où une possibilité de mise en application immédiate en unité des méthodes et procédures qui seront élaborées par le centre d’expériences. Il est à noter qu’un officier de cavalerie de la 1re DLM, observateur en avion, sera en permanence détaché auprès du CEAM en qualité d’adjoint au commandant de l’escadrille de renseignement, chargé des liaisons d’une part avec les unités de cavalerie motorisées ou mécanisées et, d’autre part, avec celles de chars de combat.

Quelques années après sa création, parmi les nombreuses missions qui lui incombent, le CEAM aura à réaliser la « montée météo », vol quotidien consistant à observer si la structure des systèmes nuageux rencontrés correspond bien à la prévision météorologique réalisée sous forme de coupe verticale. Le général de brigade aérienne Marcel Tétu obtiendra à cet effet la mise à disposition d’un ballon captif qui, installé à quelques kilomètres au nord de l’aérodrome, sera monté jusqu'à ce qu’il dépasse la couche nuageuse chaque fois que celle-ci le permettra ; l’avion météorologique pourra alors décoller, déterminer le sens et la force du vent à diverses altitudes et se servir de ce point de repère dont la position est parfaitement connue pour faire sa percée – c'est-à-dire passer sous la couche nuageuse – et rejoindre le terrain.

L’une des dates marquantes dans l’histoire de la BA 112 sera, le 16 février 1939, l’arrivée à Reims des deux premiers Curtiss H-75, chasseurs de construction américaine affectés à l’escadrille SPA 67 du groupe de chasse I/5 (que commande alors le lieutenant Jean-Mary Accart) ; ils y seront évalués et testés en relation avec les spécialistes du centre d’expériences aériennes militaire dans le but d’établir le manuel d’utilisation de cet avion dont l’Armée de l’air attend beaucoup et qui, d’ici à l’été, aura totalement équipé les huit escadrilles composant les 5e et 4e escadres aériennes stationnées à Reims.

A la déclaration de guerre, le centre d’expériences aériennes militaires (qui, à lui seul, aura en compte, à cette date, plus d’une cinquantaine d’appareils), se repliera sur la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy.

Auteur : Frédéric Lafarge, ancien conservateur du Musée de la BA 112 et de l’Aéronautique locale (Reims), chargé de relations publiques et délégué au patrimoine historique de la base aérienne 102 « Capitaine Georges Guynemer » de Dijon. Mai 2013.

lundi 1 avril 2013

Il y a soixante ans : Reims, berceau de la Patrouille de France !

Le décollage des quatre Republic F-84G Thunderjet de la « Patrouille de France » sur la base aérienne 112 de Reims en 1953.
2013 marque le soixantième anniversaire de l’une des plus prestigieuses formations acrobatiques du monde : la Patrouille de France, dotée d’Alphajet depuis 1981. Pour célébrer l'événement, la base aérienne 701 de Salon-de-Provence ouvrira ses portes au public tout un week-end, les samedi 26 et dimanche 27 mai prochains, pour un spectacle aérien – que l'on promet époustouflant – au cours duquel on ne manquera pas de rappeler les circonstances de la création de cette patrouille, qui tire ses origines d’une formation à quatre appareils née sur la base aérienne 112 de Reims au tout début des années cinquante...

En 1952, la 3e escadre de chasse, formation stationnée sur la base aérienne 112 de Reims, fut désignée pour être l’ambassadrice de l’Armée de l’air à un meeting aérien organisé à Lyon. Dans la précipitation, une patrouille acrobatique composée de quatre Republic F-84G Thunderjet et conduite par le commandant Pierre Delachenal (commandant en second de l’escadre) fut mise sur pied... et une toute première « prestation d’ensemble » put être présentée à Épernay le 2 juin.

Les Republic F-84G Thunderjet de la « Patrouille de France », emmenés par le commandant Pierre Delachenal, photographiés en formation. En 1953, furent les équipiers du commandant les lieutenants Jean Dellac et Jean Petit de l’escadron de chasse 01.003 « Navarre » et les lieutenants Gaston Le Cong et Jean Villain du 02.003 « Champagne ».
 
 À l’issue de la démonstration réalisée le dimanche 6 juillet à Lyon, Pierre Delachenal fut quelque peu déçu par le spectacle offert au public. Aussi se résolut-il à créer une patrouille plus « homogène ». Il travailla entre autres à la mise au point d’une figure particulièrement spectaculaire qui consistait à éclater la patrouille à la verticale en direction des quatre points cardinaux puis, au top, à demander aux quatre chasseurs de faire demi-tour, ce qui les amenait à se croiser deux par deux avec un décalage de quelques mètres seulement (vues du sol, les trajectoires semblaient se croiser en un seul et même point).

Représentés au cours d’une séance d’entraînement exécutée à la verticale de la base aérienne 112, la Cité des Sacres se devinant en arrière-plan : les quatre Republic F-84G Thunderjet, de la 3e escadre de chasse brillamment emmenés par le commandant Pierre Delachenal. La figure représentée sur cette aquarelle signée Henri Wénisch et datée de 1954 – qui fut longtemps exposée sur la BA 112 et constitue peut-être la plus ancienne représentation artistique de la « PAF » – est plus particulièrement celle dite du « tonneau lent ».


Pour l’année 1953, sur demande de l’état-major de l’Armée de l’air, le 1er commandement aérien tactique (1er CATac) désigna la 3e escadre de chasse de Reims unique formation aérienne équipée d’avions de combat en charge de représenter l’Armée de l’air aux meetings aériens programmés au cours de l’année. Et c’est lors du premier meeting de cette longue série, organisé le dimanche 17 mai à Alger, sur le terrain de Maison-Blanche, avec la participation des prestigieuses formations acrobatiques américaine (les Skyblazers), britannique et italienne, que Jacques Noetinger, commentateur officiel des meetings nationaux et ancien pilote de chasse, utilisa avec enthousiasme, pour la toute première fois, le patronyme national de « Patrouille de France » pour désigner la formation constituée par les quatre chasseurs rémois. La « formule-choc » frappa les esprits et cette appellation, qui fut retenue dans leur édition du lendemain par plusieurs quotidiens de la presse algéroise qui tinrent à saluer la performance des Thunderjet de la BA 112, fut finalement conservée lors du XXe Salon aéronautique de Paris-Le Bourget et lors d’autres meetings aériens. Elle fut, dès lors, définitivement acquise.

L’année suivante, l’état-major de l’Armée de l’air retint d’autres appareils pour constituer la  « PAF » : des Marcel Dassault MD-450 Ouragan, avions mis en œuvre par la 2e escadre de chasse stationnée sur la base aérienne 102 de Dijon.

Auteur : Frédéric Lafarge, ancien conservateur du Musée de la BA 112 et de l’Aéronautique locale (Reims), chargé de relations publiques et délégué au patrimoine historique de la base aérienne 102 de Dijon. Mars 2013.
Les huit Alphajet de la Patrouille de France photographiés à la verticale des installations de la base aérienne 112 de Reims le lundi 27 juin 2011, trois jours avant sa dissolution officielle. Un passage plein de panache pour un ultime salut à la base qui la vit naître cinquante-huit ans plus tôt ! ©Frédéric Lafarge

Sources :  
Jean-Pierre Calka, Frédéric Lafarge : « La BA 112 de Reims, histoire d’une grande base aérienne », Marines Editions, Rennes, 2010. ISBN 978-2-35743-040-2
Jean-Paul Philippe : « La Patrouille de France, cinquante ans de panache », Librairie académique Perrin, Paris, 2002.

lundi 4 février 2013

Henri Wénisch, l’ancien mécanicien personnel de l’as Edmond Marin la Meslée, nous a quittés


C’est une figure de l’Armée de l’air, le tout dernier des « grands anciens » de la défunte base aérienne 112 de Reims qui vient de disparaître : Henri Wénisch, quatre-vingt-quinze ans, ancien du groupe de chasse I/5 de Reims, qui fut pendant la guerre le mécanicien personnel du commandant Marin la Meslée, l’un des plus glorieux as de la Seconde Guerre mondiale.

Henri Wénisch, né le 7 août 1917 à Bouguenais (Loire-Atlantique), était l’incarnation même de ce mécanicien complice du pilote de chasse, en charge de l’entretien méticuleux de son appareil. Humaniste, attachant, bienveillant, fidèle et dévoué, c’était aussi un homme à la mémoire prodigieuse, un grand témoin de l’histoire de l’Armée de l’air, où il était entré au milieu des années trente.
Photographie d’Henri Wénisch prise à l’école de Rochefort où il fut apprenti mécanicien de 1935 à 1936, avant d’être affecté sur la base aérienne 112 de Reims, au groupe de chasse I/5.

Affecté sur la base aérienne 112 en 1936, Henri Wénisch n’était alors qu’un simple soldat fraichement sorti de l’école des mécaniciens de l’Armée de l’air de Rochefort. Il n’allait cependant pas tarder à faire la connaissance de celui qui allait marquer sa vie et qu’il admirerait jusqu’à son dernier souffle : un pilote prodigieux, futur as des as de la campagne de France de 1939-1940 et parrain à partir de 1953 de la base aérienne 112, Edmond Marin la Meslée (1912-1945), qui devait totaliser seize victoires certaines et quatre probables.

Henri Wénisch deviendra l’un des meilleurs experts du Curtiss H-75, ce chasseur d’exception que les escadres de chasse rémoises, à partir du printemps 1939, furent à peu de choses près les seules à mettre en œuvre, notamment le groupe de chasse I/5 auquel appartenait Marin la Meslée. Un chasseur d’exception avec lequel s’illustrèrent douze des quinze meilleurs as de 1939-1940, et qu’Henri Wénisch eut le privilège de côtoyer, parmi lesquels le commandant Jacques-Louis Murtin, le capitaine Jean-Mary Accart, Camille Plubeau, Michel Dorance, son ami le Rémois François Warnier décédé en 2005... et tant d’autres !

Henri Wénisch photographié sur la BA 112 de Reims le 30 juin 2011, jour de sa dissolution.
Henri Wénich avait suivi le lieutenant Marin la Meslée en Afrique du Nord, le GC I/5 ayant été replié en Algérie puis au Maroc. Après l’opération Torch – le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942 – une nouvelle page de l’histoire glorieuse du groupe de chasse devait être écrite. Mais en partie sans lui : « Marin » dut en effet se résoudre à l’été 1944 à se séparer d’Henri Wénisch, qui était monté en grade et ne pouvait être maintenu dans les effectifs de l’unité.

Lorsqu’il quitta l’Armée de l’air une quinzaine d’années plus tard, Henri Wénisch était adjudant-chef. Il ne tarda pas à ouvrir à Reims, en décembre 1960, un garage avec son ami Jean Prott et ils furent concessionnaires BMW.

L’une des dernières apparitions publiques d’Henri Wénisch : le 2 février 2012 à Reims, jour de l’inauguration d’une plaque à la mémoire du commandant marin la Meslée, pour le centenaire de sa naissance. À sa droite : Philippe Marin la Meslée, fils du commandant. À sa gauche : Jacques Cohen, adjoint au maire de Reims, et le lieutenant-colonel Jérôme Servat, commandant de l’organe liquidateur 112.
Très investi dans le tissu associatif, Henri Wénisch, membre notamment de l’ANSORAA, par ailleurs président d’honneur des anciens combattants de Tinqueux, était aussi artiste. Œuvrant au sein du groupe pictural de Champagne (dont il était le président d’honneur), il aimait peindre des aquarelles qui représentaient des combats aériens (mais aussi de beaux paysages). Il en avait offert plusieurs à sa création en 2002 au Musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale, lieu de mémoire qui fonctionna jusqu’en 2011 et auquel il était extrêmement attaché, raison pour laquelle, jamais, il ne manqua la moindre édition des Journées européennes du Patrimoine pour y accueillir le public et présenter « sa » salle : celle consacrée à son as de héros. Un héros qu’il honorait chaque année, aux côtés du commandant de la BA 112, au pied de la stèle Marin la Meslée, à la date anniversaire de la disparition du parrain de cette base.

L’une des très nombreuses aquarelles peintes par Henri Wénisch, président d’honneur du groupe pictural de Champagne. Ici, évoluant à la verticale des hangars d’aviation de la défunte base aérienne 112 de Reims : les quatre Republic F-84 emmenés par le commandant Pierre Delachenal de la 3e escadre de chasse, fondateur à Reims en 1953 – il y a tout juste soixante ans – de la célèbre « Patrouille de France ».
Henri Wénisch, qui résidait à Tinqueux, ville de l’agglomération de Reims, était titulaire de plusieurs décorations, parmi lesquelles la médaille militaire, la médaille du combattant 1939-1945 et la médaille de l’Aéronautique. Ses obsèques ont étés célébrées le samedi 2 février en l’église Sainte-Bernadette de Tinqueux, à 10 heures.

Source : Frédéric Lafarge, ancien conservateur du Musée de la BA112 et de l’Aéronautique locale (Reims)

jeudi 27 décembre 2012

Une plaque dévoilée à la mémoire du commandant Marin la Meslée, parrain de l’ancienne BA 112 de Reims

Le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’Armée de l’air, Jacques Cohen, adjoint à la maire de Reims et Catherine Douady, troisième enfant du commandant Marin la Meslée, devant la plaque de granit dévoilée.   ©Frédéric Lafarge

Le samedi 15 décembre 2012, à 10h30, face au n° 9 de la rue Guillaume-de-Machault à Reims (à côté de l’office de tourisme et à deux pas de la cathédrale Notre-Dame), a été dévoilée une plaque gravée à la mémoire du commandant Edmond Marin la Meslée (1912-1945), parrain de l’ancienne base aérienne 112 de Reims (à partir de 1953, et jusqu’à sa dissolution le 30 juin 2011), ceci dans le contexte de la célébration du centenaire de la naissance de cet aviateur, as des as de la campagne de France 1939-1940 (avec vingt victoires aériennes, dont seize homologuées).

Organisée au pied de l’immeuble dans lequel il résida avec sa famille à l’époque de son affectation sur la BA 112 (soit de 1937 à 1940) à l’initiative de l’association Edmond Marin la Meslée (créée début 2011 pour sauvegarder et promouvoir le patrimoine aéronautique de Reims et sa région, berceau mondial de l’aviation civile et militaire) avec le soutien du secteur 170 « Marne-Ardenne » de l’Association nationale des officiers de réserve de l’Armée de l’air (ANORAA) présidé par le capitaine de réserve Laurent Marchwant, cette cérémonie s’est déroulée avec la participation de nombreuses personnalités, en particulier en présence du général d’armée aérienne Denis Mercier, chef d’état-major de l’Armée de l’air (et ancien commandant de la base aérienne 112, qu’il dirigea de 2002 à 2004) et de Michel Bernard, sous-préfet de Reims.
Plaque commémorative dévoilé à Reims le samedi 15 décembre 2012 en l'honneur du Commandant Edmond Marin la Meslée ©Frédéric Lafarge

Ont également assisté à cet hommage de très nombreux descendants du commandant Marin la Meslée, en particulier sa fille Catherine (le troisième de ses enfants) ainsi que Clara de Montesquieu (l’une de ses petites-filles) qui, avec le général Denis Mercier et Jacques Cohen, adjoint à la maire de Reims, ont procédé au dévoilement de la plaque de granit gravée de lettres d’or (avec inscription en français mais également en anglais). Y ont aussi participé plusieurs officiers de l’escadron de chasse 2/3 « Champagne » (dont le lieutenant-colonel Yannick Desbois, commandant en second de cette formation), unité qui, stationnée depuis 1967 sur la base aérienne 133 de Nancy et aujourd’hui dotée de Mirage 2000D, est l’héritière des traditions de l’ancien groupe de chasse I/5 de Reims au sein duquel Edmond Marin la Meslée fut affecté en 1937 et qu’il commandait au moment de sa mort.

Cette cérémonie a été présentée par Frédéric Lafarge, ancien chargé de relations publiques de la base aérienne 112 et conservateur du musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale, par ailleurs initiateur de ce projet de plaque commémorative, qui en a rappelé les raisons et aussi les enjeux : « Reims, où la mémoire du commandant Marin la Meslée n’est pas moins vivante qu’à Colmar, Nancy, Valenciennes et Audresselles, disposera elle aussi, désormais, de sa propre plaque Marin la Meslée. » Après le dévoilement de la plaque à proprement parler, une minute de silence et La Marseillaise entonnée par l’assistance, diverses allocutions ont été prononcées à l’intérieur de l’office de tourisme, dans la salle du Trésor, à commencer par celle d’Hervé Chabaud, président de l’association Edmond Marin la Meslée, qui l’a débutée par ces mots : « En cette année du centenaire de la naissance du commandement Edmond Marin la Meslée, ce temps mémoriel illustre la puissance des traditions, l’intensité de la filiation, l’exemplarité du lien unissant les armées à la Nation. »

Dans la salle du Trésor de l’office de tourisme, pendant l’allocution prononcée par le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’Armée de l’air.  ©Frédéric Lafarge

Puis Clara de Montesquieu, Bernard Mary, président de l’office de tourisme de Reims, le général Denis Mercier et Michel Bernard se sont exprimés. « C’est pour moi une véritable satisfaction de voir rassembler autour de la figure de Marin la Meslée autant de personnalités et de personnes. Tout le mérite en revient aux représentants d’associations qui, par leur dévouement sincère et désintéressé, contribuent à maintenir la mémoire de ce héros de notre aviation militaire, mais aussi de celle de la  présence de l’armée de l’air ici. » a notamment déclaré le général Mercier dans son discours.

Fréderic LAFARGE

mercredi 12 décembre 2012

Une plaque de marbre dévoilée à la mémoire du commandant Edmond Marin la Meslée



Edmond Marin la Meslée
Une plaque de marbre dévoilée à la mémoire du commandant Edmond Marin la Meslée, as des as de la campagne de France 1939-1940 et parrain de l’ancienne base aérienne 112 de Reims


Le samedi 15 décembre 2012, à 10h30, au n° 9 de la rue Guillaume-de-Machault à Reims (face à l’office de tourisme et à deux pas de la cathédrale Notre-Dame), sera dévoilée une plaque de marbre gravée à la mémoire du commandant Edmond Marin la Meslée (1912-1945), parrain de l’ancienne base aérienne 112 de Reims (à partir de 1953), ceci dans le contexte de la célébration du centenaire de la naissance de cet aviateur, as des as de la campagne de France 1939-1940 (avec vingt victoires aériennes, dont seize homologuées).
Organisée à l’initiative de l’association Edmond Marin la Meslée (créée début 2011 pour sauvegarder et promouvoir le patrimoine aéronautique de Reims et sa région, berceau mondial de l’aviation civile et militaire) et du secteur 170 « Marne-Ardenne » de l’Association nationale des officiers de réserve de l’Armée de l’air (ANORAA) présidé par le capitaine de réserve Laurent Marchwant, cette cérémonie se déroulera avec la participation de nombreuses personnalités, en particulier en présence du général d’armée aérienne Denis Mercier, chef d’état-major de l’Armée de l’air (et ancien commandant de la base aérienne 112, qu’il dirigea de 2002 à 2004) et de Michel Bernard, sous-préfet de Reims.
Assisteront également à cet hommage de nombreux descendants du commandant Marin la Meslée, en particulier sa fille Catherine ainsi que Clara de Montesquieu, l’une de ses petites-filles, qui procédera au dévoilement de la plaque de marbre (avec inscription en français et en anglais) aux côtés du chef d’état-major de l’Armée de l’air et d’Henri Wénisch, 95 ans, ancien mécanicien personnel du commandant Marin la Meslée pendant la dernière guerre mondiale (1943-1944). Y participeront aussi plusieurs officiers (dont le commandant en second) de l’escadron de chasse 2/3 « Champagne », unité qui, stationnée sur la base aérienne 133 de Nancy et aujourd’hui dotée de Mirage 2000, est l’héritière des traditions de l’ancien groupe de chasse I/5 de Reims au sein duquel Edmond Marin la Meslée fut affecté en 1937 et qu’il commandait au moment de sa mort.
Cette cérémonie qui sera présentée par Frédéric Lafarge, ancien chargé de relations publiques de la base aérienne 112 et conservateur du musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale, comprendra le dévoilement de la plaque, une minute de silence et diverses allocutions, qui seront celles d’Hervé Chabaud, président de l’association Edmond Marin la Meslée, de Clara de Montesquieu, de Bernard Mary, président de l’office de tourisme de Reims, du général Denis Mercier, chef d’état-major de l’Armée de l’air, et de Michel Bernard, sous-préfet de Reims.

Pour tout renseignement complémentaire, prière de contacter l’association Edmond Marin la Meslée :
Tel 06 41 81 22 11.

mercredi 21 décembre 2011

Breguet 941S 62-ND de l'ET 3/62

(photo collection privée Xavier Cotton)
Ce Breguet 941S est le résultat d'un concept imaginé dès 1948 par Louis Breguet : L'avion ADAC (Avion à Décollage et Atterrissage Courts) ou STOL (Short Take Off and Landing).
Il invente "l'aile soufflée", en dotant le prototype de volets "à persiennes" de grande surface pouvant s'abaisser à l'arrière des ailes sur la totalité de l'envergure, jusqu'à un angle de 97°. Les moteurs entraînant des hélices surdimensionnées ne peuvent que provoquer un énorme souffle qui, dévié vers le bas par les volets, crée une composante de sustentation.

Ne manquez pas de lire sur Aérostories l'article "Breguet Br 940/941, l'avion à ailes soufflées" écrit par Jacques Noetinger (téléchargeable en PDF)

Ce Breguet 941S n°4 (F-RAND 62-ND) en attente de restauration est malheureusement exposé en permanence aux intempéries sur le tarmac du Bourget, coté Dugny près des réserves du Musée de l'Air et de l'Espace. Vous pouvez voir quelques photos de la cabine et du cockpit sur l'excellent site "List'in MAE"

Il est l'un des quatre avions ADAC qui fut en service sur la BA112 de Reims de 1970 à 1974. En effet le 4 septembre 1970, les quatre Breguet 941S en provenance du CEAM (Centre d’Expériences Aériennes Militaires) se posent à Reims sur la piste de la BA112, ils amènent un premier contingent charger de recréer l'ET 3/62 "Ventoux"au sein de la 62eme Escadre de transport. À l'époque, celle-ci plus communément appelée "Escadrille Breguet",  constituée uniquement de quatre avions, six pilotes et trois mécaniciens d'équipage, est commandé par le lieutenant-colonel Tardot.
Malheureusement, le manque de fiabilité lié à la complexité de l'appareil et son coût élevé de maintenance, obligea l'armée de l'Air à n'utiliser le Breguet 941S que parcimonieusement dans des missions de transport tactique et transport logistique.
Les quatre Breguet 941S furent retirés du service entre avril 1974 et avril 1975, ils quittèrent Reims en vol pour les réserves de Châteaudun avec la mention "RAS, bon pour le service" sur leurs carnet de vol !

Source des informations :
Aviation Magazine n°861 à 863 du 1er et 15 novembre et 1er décembre 1983
Breguet Br 940/941, l'avion à ailes soufflées de Jacques Noetinger
List'in MAE