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mardi 15 janvier 2013

Paul Legastelois pilote-representant

Paul Legastelois, organisateur de la croisière bleue ©Anseaume
À priori, rien ne destinait Paul Legastelois, à faire carrière dans l’aviation.
Son père, fils de petits paysans, devenu notaire, officiait à Sourdeval, dans la Manche. C’est là que Paul est né, en 1905.  Suivant les traces paternelles il avait fait l’école de notariat de Paris et avait commencé à travailler comme clerc dans l’étude de son beau père, lui aussi notaire, à Saint Lô.
Mais cette vie si étroitement rangée ne lui convenait pas et, s’il n’en dit mot, son organisme réagit bientôt par de fréquents évanouissements. Consulté, le médecin déclara que « ce jeune homme n’était pas fait pour la vie de bureau et devrait vivre « en plein air ».
Le conseil de famille se réunit autour de Paul et de sa jeune épouse pour réfléchir aux issues possibles. On ne sait comment la discussion se termina sur cette conclusion : deux professions permettraient à Paul de vivre au grand air : paysan ou aviateur !
-    Paysan ?  s’exclama Paul. Jamais ! Je serai aviateur.

Paul Legastelois devant son premier Caudron Luciole F-ALSJ en 1932 à occasion de sa participation au second Tour de France des avions de Tourisme ©Legastelois
Nous sommes alors en 1930. Laissant sa famille à Saint Lô, Paul part à Paris où il passe rapidement son brevet de pilote. Ce document en poche, il va trouver René Caudron, l’un des pionniers de l’industrie aéronautique française, pour lui demander une place de pilote-représentant.
« Jeune homme, lui répond Réné Caudron, je veux bien vous embaucher, mais à condition que vous achetiez l’avion avec lequel vous travaillerez … et avec lequel vous vous tuerez certainement ! »
Paul Lagastelois avec une passagère devant son Caudron Luciole F-ALSJ à Lyon-Bron en 1932 ©Legastelois

Accord conclu. Paul emprunte de l’argent à son beau-père, achète un Luciole et bientôt sillonne la France, présentant son biplan dans les meetings aériens. Il manifeste vite de réels talents de vendeur que René Caudron apprécie fort et poursuit jusqu’à la guerre une carrière où se conjuguent commerce et pilotage. Pour le travail et pour le plaisir : Paul participe ainsi en 1932 au deuxième Tour de France des avions de tourisme avec son Caudron Luciole (F-ALSJ) se classant à la 22 ème place sur les 47 concurrents classés à l'arrivée, 14 ayant terminé 1er ex-aequo, puis au Rallye du Hoggar en 1938 aux commandes d’un Farman 403 (F-ANPX). 
Une panne de moteur le contraint à l’abandon à In Salah.
Paul Legastelois en panne à In Salah avec son Farman 403 F-ANPX ©Legastelois

En 1939, mobilisé dans l’armée de l’air comme pilote-instructeur, Paul est affecté à la base aérienne de Caen. La naissance de son quatrième enfant le rend à la vie civile quelques mois plus tard.

Il n’est plus question de vendre des avions de tourisme pendant la guerre. Paul monte un garage où l’on adapte les voitures au gazogène. Mais dès 1945, il retrouve le milieu de l’aviation et crée à Neuilly l’Agence aéronautique Legastelois, qui vend des avions de tourisme, puis de transport, et la société « Tout pour l’avion » qui fournit à ses clients des pièces détachées. C’est l’époque où la SCAN lance sur le marché le Norécrin un petit bijou dont Paul devient vite le vendeur quasi exclusif. Il en expose un exemplaire au premier salon de l’aviation de l’après guerre qui se tient sous la coupole du Grand Palais à Paris en novembre 1946.
Les Norécrins réunis à Tunis lors de la croisière bleue de 1948 ©Anseaume
En 1948, pour promouvoir ce si joli monoplan à aile basse et train rentrant, il organise, avec le soutien de la SNCAN, La « Croisière bleue » : 22 Norécrins font le tour de la Méditerranée : Toussus-le-Noble, Naples- Tunis- Bône - Alger - Boufarik - Oran - Rabat - Marrakech - Agadir - Casablanca - Tanger - Porto - Biarritz – Tours Toussus-le-Noble.

Paul Legastelois est alors président de la chambre de commerce de l’aéronautique.

Avec la période de l’après guerre le marché de l’aviation connaît un développement considérable. Pour monter leur flotte, les nombreuses compagnies qui se créent dans toute l’Europe et dans les colonies, ont recours au gigantesque marché d’appareils d’occasion né des surplus militaires. « Tout pour l’avion » devient bientôt « Centravia ». Installée cité Canrobert, dans le 15è arrondissement de Paris, la société dispose d’un entrepôt sous douane pour les pièces de rechange. Quand à l’agence aéronautique Legastelois, elle ne vend plus seulement des Norécrins et autres appareils de tourisme, mais des Dragons rapides Dehavilland, et bientôt des Douglas DC3 « Dakota », voire même un DC4 que Paul va acheter aux Etats-Unis pour le compte d’un client.  L’agence est le représentant en France du constructeur britannique Auster.

La guerre d’Indochine a créé un nouveau marché. L’armée de l’air y est en effet peu présente et les missions de ravitaillement des postes isolés sont confiées à diverses petites compagnies civiles. Le Dakota est l’avion idéal.  Paul fait, à l’époque, de fréquents séjours à Saïgon. La compagnie Aigle Azur est l’un de ses principaux clients.

A Paris, l’Agence et la société Centravia connaissent des années prospères. Paul emploie une dizaine de collaborateurs, dont une femme extraordinaire : Miss Roy Mary Sharpe, squadron leader dans la RAF pendant la guerre.

La fin de la guerre d’Indochine, puis l’indépendance de l’Algérie sonneront le glas de ce flux commercial. Dans le même temps, les grandes compagnies se sont développées au détriment des petites. Elles achètent désormais de plus en plus d’appareils neufs. En 1958 Paul dissout la société Centravia et, peu après, met fin aux activités de l’agence. Il s’installe dans les Alpes Maritimes où il entame une carrière d’agent et de promoteur immobilier.
De L'accident qu'il eu avec son Caudron Luciole, Paul Legastelois s'en tirera juste avec le nez cassé ©Legastelois

La page de l’aviation est alors tournée pour Paul Legastelois, mais elle n’est certes pas effacée de la mémoire de ses enfants. Comment, en effet, oublier le plaisir de ces dimanches passés  au bord de la piste, à Toussus-le-Noble ou Guyancourt, les salons de l’aviation du Bourget, le baptême de l’Air donné par son propre père, les récits de vols passionnants, voire d’accidents dont Paul eut la chance de se tirer sans autres conséquence qu’un nez cassé … « J’ai la baraka » disait-il en évoquant aussi ces deux avions de ligne qui s’écrasèrent et dans lesquels il aurait dû se trouver si un imprévu ne lui avait fait manquer le départ.

Paul Legastelois est mort, à Vence, le 24 décembre 1977.

Jean Legastelois

mardi 29 mai 2012

Survol de Paris en Norécrin

Survol de Paris en Norecrin ©Jean Bétrancourt


Dans la collection de photos de Jean Bétrancourt qu'Alain son petit-fils a eu la gentillesse de me me faire parvenir, il y a cette belle photo d'un Norécrin  survolant Paris en avril 1947 .
Il s'agit du  S.N.C.A.N. NORD 1203  enregistré sous l'immatriculation Monégasque MC-ABB (c/n 29)
Étrangement l'immatriculation F-BDSY fut réservé en 1947 pour le N1203 n°29 (n°28 F-BDSX, n°30 F-BDSZ...), mais ne fut jamais observé, ni porté par ce N1203 n°29.

Par contre, l'immatriculation F-BDSY se retrouvera sur le N1203 n°65 (immatriculé le 10 novembre 1947)  propriété du Dr Henri Ripert à Ajaccio. Ce Norécrin n°65 F-BDSY fut détruit dans un accident qui a fait  trois morts, le 12 mai 1949 à Ginio, commune de Civitella de Romagna en Italie.

Normalement, BLEU CIEL Editions devrait  prochainement publier un ouvrage complet sur le Norécrin, l'auteur Claude Salaün qui suit cette machine depuis plusieurs décennies est incollable sur le sujet. Toute personne possédant des anecdotes, photos, précisions sur le Norécrin est cordialement inviter à se signaler à BLEU CIEL Magazine  (bleucielmagazine@orange.fr) qui transmettra.  Merci  d'avance pour eux.


Sources des informations :
Aeroforums : http://www.aerostories.org/~aeroforums/forumhist/aff.php?nummsg=46443
Article de Claude Salaün dans le trait d'union N°113 de mai 1987
BLEU CIEL Editions

jeudi 26 mars 2009

Norécrin F-BEOB

(photo collection privée Michel Léveillard)

On peut voir ici en 1949, Jacques Luffrans et Michel Léveillard deux amis de l'aéroclub de Normandie, devant le Norécrin "ville de Rouen" (F-BEOB cn 117 de couleur bleue), notez le trou dans le capot pour la manivelle du démarreur à inertie du moteur Regnier . À l'arrière plan on voit le Caudron Phalène (F-AMCI). En 1970 le F-BEOB devenu entre temps G-BEDB est exposé a la ferme de Chirk-Ley au Pays de Galles.
Jacques vit toujours dans la région et s'occupe activement du Mémorial-Normandie-Niemen aux Andelys dans l'Eure ainsi que du musée de la BA105 d'Évreux, Michel est devenu Commandant de bord pour Eastern Airlines et vit toujours au États-Unis.

lundi 9 mars 2009

Baptême de l'air en JU-52

(photo collection privée Michel Léveillard)

Après la seconde guerre mondiale, Ce Junker 52 aux couleurs de l'armée de l'air française venait régulièrement sur le terrain de Rouen-Le Madrillet pour l'entrainement des parachutistes. Le 4 octobre 1945, Jean Moretti ancien pilote de chasse avait organisé un baptême de l'air pour de jeunes Rouennais . Pour cela ils devaient avoir suivi des cours dispensés le soir par Jean Moretti après son travail pendant 4 mois et demi et réussi à la fin un petit examen écrit le dernier soir pour confirmer les connaissances acquises : les différents parties de l'avion, la sustentation, la météo, les commandes, le moteur en étoile (il y en avait un exposé dans la salle)... etc. Voici le témoignage de Michel Besnard, un des heureux baptisé de l'époque "
Muté au printemps de la perception d'Elbeuf en mai à la Trésorerie Générale, rue de la Seille, ce jour-là, je suis allé prendre le vol avec 2 autres collègues de la T.G. des gars de Rouen: Jean Crapanne et André Gourmelen.
Jean Moretti avait pris un temps les commandes au siège droit, co-pilote en survolant, bien sûr Elbeuf, à peine 150/200 mètres au dessus du pont détruit.. pour 17 places assises, nous devions être 23..!
Si ma mémoire est bonne ! Vol d'environ 15 à 20 minutes, forêt du Rouvray, Oissel.. Elbeuf..
Voilà pour le détail.... qu'on oublie pas...; C'était sensas."

Au premier plan de la photo, on peut remarquer en costume noir, Guy Anseaume qui était alors propriétaire d'un Norécrin de couleur jaune avec un moteur Renault. Avec Roger Peltier, autre propriétaire d'un Norécrin à Rouen-le Madrillet, ils ont participé à la croisière bleue des Norécrins en 1948.