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mercredi 20 février 2013

Souvenirs “turbulents” de la période 1935-1940


MÉMOIRES D'UN INGENIEUR DE RECHERCHE  - suite n°1
Georges ROLLIN (1915 - 2001)


Vous avez déjà pu lire dans mon blog, un extrait des mémoires de Georges Rollin relatif aux essais en vol du Laté 631, et fait connaissance avec "l'anémoclinomètre" utilisé pour l'étude de la turbulence. Dans le texte qui suit, qui a fait l'objet en 1993 d'un exposé à la demande de la Fédération Française de Vol à Voile, Georges Rollin nous raconte les essais en vol dans le cadre de l'étude de la turbulence ; les essais rapportés ici ont été effectués dans le massif central avant la guerre de 1939.





Souvenirs  “turbulents”  de  la  période  1935 - 1940 .

Note préliminaire :
                        Se souvenir à presque soixante ans de distance de cette période historique et agitée est un exercice délicat . Il est bien évident que mes souvenirs ne peuvent être que personnels malgré la consultation des quelques documents rescapés de la guerre . Je prie donc le lecteur de bien vouloir m’excuser si je suis trop présent dans ce récit . Mais je pense que si d’autres témoins, dont le nombre diminue sans cesse, écrivent également leurs mémoires, un historien pourra en faire un jour une synthèse plus impersonnelle. (G. R.)
            Un rappel historique est ici nécessaire .
            En 1934, à la suite de la catastrophe du trimoteur “Émeraude” victime de conditions atmosphériques particulièrement difficiles, le Ministre de l’Air décide de pousser au maximum l’étude des "rafales, remous et courants aériens" ; c’est ainsi qu’il crée le 27 avril 1935 la "COMMISSION  de  la  TURBULENCE  ATMOSPHÉRIQUE" qui a pour but la coordination des études déjà entreprises sur ce sujet . L’arrêté ministériel nomme membres de cette commission les personnalités suivantes sous la présidence de Mr. Ph. Wehrlé  Directeur de l'O.N.M.  :
MM. Dedebant et  Baldit de l’O.N.M.
Mr. P. Dupont,  Ingénieur en Chef de l’Aéronautique,
MM. H. Benard, P. Idrac, Métral  et  J. Kampé de Fériet,  Professeurs de mécanique des fluides .
            Cette commission établit immédiatement un vaste programme de recherches que je ne détaillerai pas ici, mais qui couvre tous les domaines depuis les études théoriques, les mesures en laboratoire, en atmosphère et en vol, la réalisation du matériel expérimental nécessaire, et les applications à la météorologie .
            Embauché en octobre 1935 comme jeune ingénieur à l’I.M.F.L. (Institut de Mécanique des Fluides de Lille), le Directeur de cet institut, le professeur J. Kampé de Fériet me charge de l’étude et de la réalisation des moyens expérimentaux, ce qui me place d’emblée au cœur de la turbulence. Mes premières réalisations portent notamment sur l’adaptation de l’anémoclinomètre IMFL, détecteur de pression des paramètres de la turbulence, aux mesures sur avions et planeurs, et un enregistreur photographique équipé de manomètres à miroir de différentes sensibilités adaptées aux mesures sur planeurs, sur avions plus ou moins rapides et également au sol pour l’étude des couches basses de l’atmosphère. Par ailleurs, au moyen de dispositifs expérimentaux appropriés, j’ai procédé à l’étude en soufflerie des temps de réponse des principaux indicateurs de vitesse du vent utilisés à cette époque.
            L’étude de la turbulence est d’une importance capitale pour le calcul de la structure des avions qui doivent la supporter sans dommage, mais également pour les planeurs dont elle est le moteur ; en effet, sans turbulence (ascendances) le vol à voile ne serait pas possible ; le planeur, largué à une certaine altitude, ne pourrait que descendre et parcourir une distance déterminée par sa finesse .
       L’atmosphère étant essentiellement turbulente, MM. Wehrlé et Dedebant ont eu le mérite d’introduire la notion "d’échelle de la turbulence" qui permet de classer les phénomènes et de procéder à leur étude avec des moyens appropriés. L’échelle la plus élevée que l’on puisse adopter pour l’atmosphère est celle du globe terrestre où l’on ne différencie que de vastes domaines constitués par la troposphère , la stratosphère, les fronts polaires, etc......
Immédiatement au dessous se place l’échelle appelée “synoptique” dans laquelle travaillent les météorologistes qui établissent les cartes présentées notamment à la télévision, sur lesquelles on distingue les perturbations de grande étendue, les cyclones et anticyclones .

Puis nous avons le domaine de "l’aérologie" qui correspond à des particules de quelques centaines de mètres ; les remous, rafales, tourbillons qu’étudie l’aérologie constituent le domaine d’activité de la Commission de la turbulence.  
Le domaine suivant correspond à des particules de quelques mètres à quelques dizaines de centimètres provenant, par exemple, du passage du vent sur un sol plus ou moins rugueux. Pour bien préciser cette notion d’échelle je préfère citer M.Kampé de Fériet: "Chaque fois que l’on descend d’un rang dans la hiérarchie des échelles, aux mouvements précédemment définis pour les particules correspondantes s’ajoutent les mouvements propres des micro-particules dans lesquelles on est parvenu à fractionner ces particules ; à chaque stade, la complexité des mouvements s’accentue et leur caractère chaotique mérite toujours davantage le qualificatif  "turbulent" . A la limite, si l'on admet le point de vue de la théorie cinétique, on aboutit à l’échelle moléculaire où les particules ultimes sont constituées par les molécules ; c’est le chaos moléculaire qui est le terme final de cette cascade de turbulences emboîtées les unes dans les autres comme des poupées gigognes".
            En résumé, l’atmosphère étant interposée entre la terre et le soleil, sa turbulence, toutes échelles confondues, provient des forces de Coriolis, des phénomènes thermiques (convection), des phénomènes orographiques (rugosité des sols, mers, montagnes...). Ces mouvements tourbillonnaires sont liés à des variations de pression statique qui font l’objet de nos mesures ; on distingue le cyclone, constitué d’une dépression centrale, tourbillon qui tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère Nord ; inversement l’anticyclone tourne dans l’autre sens autour d’une surpression .

            Tant que nous sommes au sol, nous sommes soumis, indépendamment des pressions cycloniques, essentiellement à la turbulence orographique qui provoque des micro-fluctuations de pression dont la fréquence est détectée par notre organisme et peut être préjudiciable à notre santé (effet néfaste du vent d’Autan à Toulouse)..
            Les effets de la turbulence sur un avion ne peuvent être étudiés qu’en vol, les mesures en soufflerie sur maquette, utiles dans bien des domaines, n’apportent rien dans celui-ci, car la turbulence ne suit pas les lois de la similitude. Je dirais même qu’au deuxième degré, c’est à dire pour la détermination sur maquette des caractéristiques  d’une soufflerie à construire, cette technique peut se solder par de sérieux déboires. C’est ce que j’ai évité de faire  lors de la construction de deux souffleries, l’une du type "Eiffel" de 80 CV à Lille en 1938 pour la mise au point des équipements de mesure, l’autre "à retour" de 120 CV à Toulouse en 1941.
Dès sa formation, la Commission de la Turbulence a choisi pour zone d’expérimentation la Banne d’Ordanche et ses environs où le professeur Kampé de Feriet avait déjà, avec son équipe, installé un laboratoire et procédé à de nombreuses mesures aérologiques en liaison avec l’ONM également pourvu d’une station de mesures. Par ailleurs le relief accidenté de la chaîne des puys offrait un champ d’étude intéressant du point de vue turbulence. La proximité du terrain d’aviation d’Aulnat à Clermont-Ferrand ne pouvait que favoriser ce choix.
Potez 540 avec l'Anémoclinomètre ©Philippe Rollin
            En septembre 1935, pendant que l’Ingénieur en Chef de l’Aéronautique P. Dupont procédait à la transformation d’un bombardier  POTEZ 540 en avion laboratoire, les équipes au sol de l’ONM et de l’IMFL ne restèrent pas inactives et procédèrent à de nombreuses mesures aérologiques avec des moyens divers : fusées fumigènes, anémoclinomètres montés à trois mètres du sol sur des pylônes alignés dans la direction du vent dominant.  J’ai mis en évidence, avec ce type de dispositif en 1936, qu’une rafale enregistrée à une certaine vitesse par l’anémoclinomètre de tête se déplaçait à vitesse moitié pour atteindre les anémoclinomètres suivants. Ceci m’a permis de rassurer Mr Hurel responsable d’essais avec ballon à MURUROA en lui précisant que si le vent soufflait à 100 km/h, le ballon ne se déplacerait qu’à 50 km/h, ce qu’il a effectivement constaté ; il m’a remercié pour cette information.
            En septembre 1936, la campagne d’essais avec Potez 540 a pu avoir lieu et les principaux vols ont été effectués entre Aulnat et la Banne d’Ordanche à différentes altitudes et dans des conditions météorologiques variées contrôlées par le poste au sol de la Banne dont les informations étaient complétées par les renseignements fournis par les pilotes de planeurs parmi lesquels Erik Nessler .
Les résultats font l’objet, dans le cadre des "Publications Scientifiques et Techniques du Ministère de l’Air", du B.S.T. n° 77 de 1938 de l’Ingénieur Paul Dupont.

POTEZ 58 offert par Pierre Cot  Ministre de l'Air en 1937 ©Philippe Rollin
            En 1937, Pierre Cot, Ministre de l’Air, nous rendant visite à l’IMFL, est particulièrement intéressé par nos travaux d’aérologie et par les moyens de mesures au sol et en vol que nous avons développés. Aussi, pour marquer son intérêt pour nos recherches et nous encourager, il met à notre disposition un petit avion militaire, un Potez 58, et son pilote ;  par ailleurs il m’accorde une bourse de pilotage dans le cadre de l’aviation populaire qu’il vient de créer, bien que j’aie dépassé la limite d’âge autorisée. J’ai pu ainsi passer fin 1937 mon brevet sur le terrain de Lille-Ronchin en même temps que Christian, frère d’Edmond Marin la Meslée dont on oublie trop qu’il a été classé Premier Chasseur Français au cours de la dernière guerre après 20 victoires aériennes, et avec Lami, qui, entré à Air France, a terminé sa carrière comme Commandant de bord sur Boeing 747. Si j’évoque ici le souvenir de mon camarade Lami , c’est qu’il m’a avoué un jour qu’il pratiquait le vol à voile pour avoir de temps en temps la possibilité de voler et de tenir en main un vrai manche à balai !
POTEZ 25 servant aux sondages météo entre 0 et 6000m ©Philippe Rollin
            La campagne de septembre 1937 a donc eu lieu avec les Potez 540 et 58 auxquels est venu se joindre un Potez 25 pour effectuer les sondages météorologiques jusqu’à 6000 m. au-dessus de la Banne d’Ordanche. Ayant personnellement volé sur cet avion, je puis dire que c’est vraiment du sport d’atteindre 6000 m. en n'étant protégé du vent et du froid que par un simple pare-brise, surtout si l’on précise qu’il faut au moins autant de temps pour passer de 5000 à 6000 m. que pour monter à 5000 m.
Passage au voisinage du Puy de Dôme (1465m) en POTEZ 25 ©Philippe Rollin
            Les mesures sur le Potez 540 ont permis d’affiner celles de 1936. Quant au Potez 58, qui pouvait se permettre de voler plus près du sol, il a contribué à l’étude de l’influence orographique notamment par la mesure de la turbulence au dessus des lacs, des forêts et dans le sillage de certains sommets.
            L’examen de l’écoulement de l’air au voisinage des roches Tuilière et Sanadoire, responsable de plusieurs accidents de planeur, a été entrepris. Au retour de chaque mission nous passions régulièrement entre ces roches sans incident, jusqu’au jour où notre avion est brusquement tombé, nous laissant sur place, défonçant la verrière supérieure avec nos têtes ; le pilote n’a eu que le temps de récupérer le manche à balai, de basculer l’avion à la verticale et d’effectuer une ressource au fond de la vallée. Nous avons établi une corrélation entre ce phénomène tourbillonnaire et le sillage du Puy de Dôme que par ailleurs nous étudiions systématiquement .
            Indépendamment de la campagne de la Banne d’Ordanche, nous avons utilisé notre Potez 58 pour l’étude de la turbulence dans la région du Nord entre Lille et Calais, étude de la turbulence à l’intérieur et au dessus des nuages ainsi qu’au voisinage du sol où la micro-turbulence thermique faisait frétiller la cellule ; frétillement "sensible aux fesses", et je puis dire qu’avec ce type de détecteur je pouvais reconnaître si nous survolions un lac, une forêt, un champ de blé ou de betteraves . L’effet de sol, par vols à différentes mais très faibles altitudes a pu être mis en évidence à l’aide de l’anémoclinomètre .
            En résumé et en ce qui concerne les planeurs, on peut distinguer trois types de turbulences :  le frétillement dont je viens de parler, la forte turbulence qui secoue énergiquement la structure de l’engin, et l'ascendance tant recherchée qui permet au planeur de « spiraler » et de gagner de l’altitude, donc du temps de vol et de la distance parcourue.
            Quant à la campagne de septembre 1938 avec les mêmes avions que dans la précédente, mais avec des équipements de mesure plus précis et des enregistreurs photographiques, je me contenterai de l’illustrer en évoquant trois incidents de parcours qui heureusement n’ont eu aucune suite fâcheuse .

            Notre Potez 540 était prêt à décoller, attendant qu’un deuxième Potez 540 de notre équipe arrive de Villacoublay. C’était un jour de beau temps sans le moindre souffle de vent, la manche à air pendante, et l’on sait - ou l’on ne sait pas - que dans ce cas il faut manœuvrer à la main le « T » recouvert de toile blanche qui indique le sens d’utilisation de la piste. Las d’attendre, nous décidons de partir sans nous préoccuper de la position du « T ». A peine décollé, nous ne voyons pas immédiatement sur fond de montagnes l’autre Potez arrivant en sens inverse. Les deux pilotes n’ont eu que le temps de dégager par la droite et d’éviter de justesse le contact .

            Deuxième incident avec ce même Potez 540 qui venait d’être équipé du premier pilote automatique dont nous étions chargé de la mise au point. La décision est prise de faire un test sur le trajet Clermont-Ferrand - Lyon. Décollage, traversée de la couche nuageuse, réglage du cap et enclenchement du pilotage automatique. Le pilote descend de son siège pour bien montrer son inutilité. Après le temps calculé pour le trajet, il reprend les commandes et pique dans les nuages d’où nous émergeons juste dans l’axe de la piste de Bron, ce qui était remarquable. Après un déjeuner au mess de la base, nous re-décollons vers Clermont-Ferrand en appliquant le même processus. Dans la traversée des nuages en fin de parcours quelqu’un s'inquiète et dit "où est le Puy de Dôme  ?". Panique à bord, le pilote fait immédiatement un 180° avant de poursuivre la descente. Nous sortons des nuages au dessus d’une ville que personne n’identifie. Nous repérons la gare qui malheureusement est couverte, ce qui nous oblige à faire trois passages en rase-mottes pour lire le nom de la gare en bout de quai –Montluçon -- ; il n’y avait plus qu’à suivre la voie ferrée, dans le bon sens, pour regagner Aulnat .....

Potez 58 en panne au dessus de la Bourboule ©Philippe Rollin
 Troisième incident, mais avec le Potez 58. Une panne de moteur avant d’atteindre La Bourboule nous oblige à atterrir sur le plateau mal pavé de Charlanne.
Le téléphérique descendant vers La Bourboule n’est pas loin mais ne fonctionne plus à cette heure tardive. Une descente m’est accordée avec beaucoup de gentillesse, ce qui me permet d’alerter la gendarmerie dont le règlement l’oblige à assurer la garde de tout avion militaire en difficulté. Seulement, après examen de la carte, il apparaît que le plateau de Charlanne est sur le territoire de La Tour d’Auvergne ; c’est donc finalement la gendarmerie de celle-ci qui délègue deux gendarmes munis de couvertures, thermos et casse-croûte, pour passer la nuit à bord, ce qui d’ailleurs les a ravis. Pendant ce temps-là, le pilote et moi avons passé une excellente soirée à La Bourboule avec les amis de la Banne descendus pour nous tenir compagnie. Après dépannage le lendemain matin par un mécanicien de la base d’Aulnat, retour sans incident après un décollage type “porte-avions”.
            Tous ces incidents seraient impensables de nos jours, compte tenu des équipements radio et des radars.
            La campagne de septembre 1939 n’a évidemment pas eu lieu. Mais il faut cependant noter à l’actif de la Commission que M. Kampé de Feriet avait organisé en juillet, avec le concours du Club Alpin Français, une campagne aérologique en montagne, au Mont Lachat au pied du Mont Blanc. Etude des courants ascendants au moyen de fumigènes, de cerfs-volants larguant de petits parachutes lestés ainsi que des ballons dont les trajectoires étaient suivies au moyen de théodolites... et surtout avec la collaboration de deux planeurs pilotés par......MM. Tournon et Spire  dont nous avons admiré les prouesses.
Pour nous aider dans ces manipulations nous avons eu le concours des « Scouts de l’Air » (élèves des grandes écoles) conduits par le Père Guy Bougerole, aumônier de l’air et pilote bien connu, ainsi que la collaboration d’un ingénieur belge, M. Descamps, qui a fait une publication sur cette campagne, ce dont je le remercie .
            A la déclaration de guerre en septembre 1939, MM. Wehrlé, Metral et Kampé de Fériet proposèrent au Ministre de l’Air de mettre les connaissances aérologiques de la Commission  de la Turbulence au service de l’armée ; c’est ainsi que fut constitué le Groupe "Météo Z" chargé de la détermination des conditions météorologiques favorables dans le cas de l’utilisation de gaz de combat. Ce groupe autonome et autotracté était composé d’une dizaine d’officiers et de deux cents militaires formés au centre météo du Fort de Saint-Cyr . Six des officiers  provenaient des Scouts de l’Air cités ci-dessus, anciens élèves des écoles de l’Air, de Centrale et de Polytechnique et moi-même muté en décembre de l’Artillerie à l’armée de l’Air pour y remplir la fonction de technicien du groupe. Comme j’étais à cette époque EOR à l’école d’Artillerie de Poitiers, je suis sorti premier de l’école....deux mois avant les autres, tout en obtenant un classement de sortie très honorable.
            La formation aérologique spéciale de ces jeunes officiers a été assurée par un stage à l’IMF de Lille, où je faisais procéder par ailleurs à la réalisation du matériel  de mesure indispensable au groupe, puis au fort de Saint-Cyr, point de rassemblement de notre formation .
Ma distraction dans ce Fort était de me rendre chaque matin dans le service centralisant  par téléphone les informations de tous les postes météorologiques répartis sur le territoire. J’ai constaté  brusquement  que certains postes du Nord ne répondaient plus à l’appel ; aussi, dès que le poste de Lille, situé à l’IMFL même, n’a plus donné signe de vie pour des raisons bien évidentes, j’ai décidé d’aller chercher d’urgence le matériel commandé à l’IMFL. C’est ainsi que, muni d’un ordre de mission, j’ai fait l’aller et retour Paris-Lille-Paris les 19 et 20 mai 1940 avec un camion militaire conduit par un jeune chauffeur volontaire et dévoué, Bertrand, imprimeur à Bourges si mes souvenirs sont exacts. Ce fut une expédition particulièrement difficile, surtout pour le chauffeur, avançant à l’aller à contre courant du flot des réfugiés, difficile pour accéder au matériel dans un bâtiment fermé et abandonné depuis trois jours par son personnel et ses chefs, difficile au retour avec la rencontre et le croisement "courtois" avant Amiens de la 2ème panzer division fonçant en direction d’Abbeville, et la traversée d’Amiens sous un bombardement aérien nous transformant, mon chauffeur et moi, en ambulanciers .
            Ce groupe "Météo Z" n’a pas eu à intervenir, car, après l’ordre de départ en direction du NE, notre trajectoire s’est rapidement incurvée pour aboutir à Vic-en-Bigorre où il fut dissous à l’armistice.
Planeur MC-Jalon à Aire-sur-l'Adour en 1946©Philippe Rollin
            C’est ainsi qu’a pris fin, à ma connaissance, l’activité de la Commission de la Turbulence ...... Mais les recherches sur la turbulence n’ont pas été abandonnées pour autant . En effet, dès fin 1940, M. Kampé de Fériet envisage de poursuivre, au sein du G.R.A., les études de la turbulence et des phénomènes aérodynamiques autour de profils d’aile au moyen d’un planeur, ce qui aboutit en 1941 à l’étude d’un planeur laboratoire par MM. Castello et Mauboussin. Ce planeur, baptisé  "Jalon", qui sortira des usines FOUGA à Aire-sur-Adour en 1944, fait l’objet d’une description détaillée dans le livre  "PLANEURS et AVIONS" de Christian Castello, éditions "le Lézard" 1993, ouvrage passionnant pour tout amoureux du vol à voile .
            Ma conclusion, après ce rappel de mes "souvenirs turbulents", je la trouve dans les sujets traités au cours du dernier Colloque de l’ONERA d’avril 1993. Toutes les communications présentées par les aérodynamiciens sous la direction de M. Claude Capelier, sous les ordres duquel j’ai eu le plaisir de travailler, avant ma mise à la retraite en 1980, portent sur les écoulements tourbillonnaires .

            Dans son discours de présentation, M. Capelier signale que les méthodes numériques utilisées pour déterminer les performances d’un avion ne sont pas encore assez précises et qu’il est nécessaire d’utiliser les souffleries pour préciser ces performances "en espérant" qu’elles seront confirmées par le vol. Il préconise l’utilisation de souffleries de grandes dimensions pour être le plus réaliste possible ...... pourquoi pas les essais en vol eux-mêmes pour des points particuliers de recherche.

            Je ne puis m’empêcher pour terminer de citer M. Capelier :
"Cette relative faiblesse des moyens de calcul (des performances) provient essentiellement de la turbulence pour laquelle nos connaissances sont encore insuffisantes quant à ses effets. Théoriquement, rien n’empêche de déterminer un écoulement turbulent par résolution numérique, le seul problème c’est qu’il faudrait pour cela avoir accès à des ordinateurs qui auraient une taille mémoire et des vitesses de calcul de plusieurs ordres de grandeur supérieures à celles qui sont actuellement envisagées pour les ordinateurs actuels".
            Nous retrouvons là  le même problème sur lequel bute et butera encore longtemps l’ONM (Météo France) pour obtenir de bonnes prévisions à toutes les échelles tourbillonnaires. 

Georges Rollin
Croissy-sur-Seine
Janvier 1994.

dimanche 10 février 2013

L'aérodrome de Challes fête ses 100ans, le programme


Cet article a été rédigé par "Challes Aviation", qui organise cet anniversaire, pour l'office de tourisme de Challes-les-Eaux et publié initialement sur Marque-en-Ciel de Jean-Noël Violette.

Le 26 octobre 1913 naissait l'aérodrome de Challes-Les-Eaux, inauguré en grande pompe en présence de tous nos édiles locaux.
Les acteurs aéronautiques actuels de cette belle plateforme ne pouvaient que commémorer cet évènement au cours de quelques temps forts, auxquels tous nos concitoyens seront les bienvenus.
6 avril 2013 à 11 h : inauguration , après rénovation, de la Stèle dédiée aux Ailes Brisées , à l'entrée de l'aérodrome.
Cette cérémonie sera suivie d'une petite réception devant le hangar historique de notre aérodrome redécoré avec son habillage " 1913 ". Quelques aéronefs anciens (planeurs et avions) seront présents lors de cette journée .

8 au 30 avril 2013 : Exposition de photographies relatant la création de l'aérodrome ainsi que l'activité des femmes pilotes célèbres du siècle dernier. Cette exposition aura lieu à la médiathèque de Challes les Eaux lors de ses heures d'ouverture au public .
3 mai au 20 octobre 2013 : au CHÂTEAU DES COMTES DE CHALLES , exposition de photographies consacrées à la vie de l'aérodrome de Challes lors de la 1ère partie du 20ème siècle (ouverte au public) .
8 et 9 juin 2013 : Fête aérienne sur l'aérodrome de Challes , avec rassemblement d' avions, exposition d'avions et de planeurs anciens, journées portes ouvertes des différents acteurs de la plateforme (Centre de vol à voile , Aéroclub de Challes , Les amis du CLAP 73 , Airmonie , Les aéromodélistes des Raz - Mottes et la Société de construction et de réparation de matériels volants Stralpes Aéro)
Ces journées sont ouvertes au public gracieusement, et des vols d'initiation (à titre payant) seront organisés. Le public sera accueilli sur les espaces qui lui seront dévolus .
9 novembre 2013 : Un colloque sur " 100 ans d'aviation sur l'aérodrome de Challes-les-eaux " est organisé au " Manège " à Chambéry de 9h à midi et de 14h à 17 h 30 .
Une quinzaine d'intervenants feront revivre un siècle d'aviation sur notre aérodrome , en insistant sur les " grands moments ". Toutes les personnes intéressées sont chaleureusement invitées à y assister. ENTRÉE LIBRE .
Ce colloque se clôturera par une soirée Grand Public , toujours au " Manège " , sur un sujet majeur de l' aviation contemporaine (sujet non défini à ce jour), concernant l'Air ou l'Espace. Le sujet et l'horaire seront communiqués prochainement : ENTRÉE LIBRE
4 novembre au 31 décembre : Une exposition plus conséquente de photographies, illustrant la vie de l'aérodrome de Challes depuis ses débuts , est organisée à la galerie EUREKA à Chambéry (Carré Curial) . ENTRÉE LIBRE .
Le livre "Challes avec deux ailes" de Jean-Noêl Violette pourra être dédicacé à l'occasion de nos diverses manifestations
 

vendredi 14 décembre 2012

Challes, avec deux ailes de Jean-Noël Violette

CHALLES, AVEC DEUX AILES
1913 - 2013
Cent ans d’aéronautique 
 à Challes-les-Eaux
par Jean-Noël Violette


Challes-les-Eaux est un nom mythique dans le milieu de l’aviation. Le 8e voyage aérien au monde s’y est déroulé dès 1784 et la commune savoyarde accueille depuis 1913 un aérodrome des plus réputés. À l’occasion du centenaire de ce site exceptionnel, il était indispensable de rappeler les meetings accueillant les plus prestigieux pilotes de leur époque, la création de l’Aéro-Club de Savoie en 1934, l’École des Remous de Joseph Thoret avant-guerre, le début des vols en planeur sous l’Occupation, un centre national des plus importants de 1945 à 1976 formant de nombreux moniteurs et pilotes professionnels, la formation de pilotes militaires dans les années 50, de multiples expérimentations de techniques (turbopropulseurs, hélicoptères, vol en montagne, lancement par treuil…), jusqu’à la montée en puissance du centre de vol à voile, aujourd’hui un des plus grands d’Europe et le premier de France pour ce qui est de la formation des jeunes pilotes. Jean-Noël Violette, ingénieur aéronautique, pilote, intructeur de vol à voile, a su délaisser les commandes de ses planeurs et avions pour prendre le temps de rassembler cette histoire passionnante puis d’en rédiger un ouvrage dense et richement illustré, servant parfaitement la valeur aéronautique et historique de Challes-les-Eaux.

Avec :
• la liste des moniteurs du Centre National,
• la liste des stagiaires et des pilotes de Challes,
• la liste du matériel volant utilisé (types et immatriculations) 

BLEU CIEL Editions
Format 17 x 24 cm
288 pages tout couleurs
Plus de 400 illustrations
ISBN : 978-2-918015-16-1

Sortie le 21 décembre mais vous pouvez le commander dès maintenant à BLEU CIEL Editions (3 bis, rue du Goujon, 71200 Le Creusot)  pour 35€ + 5€ de port

mardi 21 août 2012

Laurent Aboulin Champion du Monde de planeur !

©FFVV

Laurent Aboulin, président du Planeur Club de Vichy, vient d'être sacré champion du monde de planeur "classe libre" sur Quintus M lors des championnats du Monde de vol à volie qui se sont déroulés à Uvalde, au Texas du 28 juillet au 19 août 2012. En tête du classement dès la première à la dernière épreuve, Laurent Aboulin s’est imposé pendant toute la durée des championnats sur la majorité des épreuves. Laurent Aboulin, 43 ans et pilote de ligne a débuté le vol à voile en 1983. Il a 14 000 heures de vol à son actif dont 3 800 heures en planeur . Instructeur de vol à voile, Laurent a déjà acquis précédemment : 10 titres de champion de France, 3 titres de vice-champion d'Europe (1996, 2007 et 2009) et un titre de champion du Monde en 2001.

©FFVV

mercredi 26 octobre 2011

Les remorqueurs de Fayence

PA25-235B Pawnee F-GFPD
Cet été je suis passé par Fayence et n'ai pu m’empêcher de faire une halte sur l'un des terrains les plus réputés en France pour la pratique du vol à voile. Mais n'étant pas pilote de planeur je me suis  surtout intéressé aux remorqueurs, il y en avait trois très différents les uns des autres qui permettaient chacun à leur tour aux planeurs de se mettre en l'air.
Tableau de Bord du PA25-235 Pawnee
Deux appartiennent à l'Association Aéronautique de Provence Côte d'Azur, Il s'agit de ce Piper PA25-235B (F-GFPD cn/25-2685 de 1964) à train classique aussi utilisé pour le travail agricole. il est équipé d'un moteur 6 cylindres Lycoming O-540 de 235 Cv
Rallye Comodore MS893 F-BMNL
L'autre est plus usuel dans le monde des remorqueurs de planeurs, c'est un Morane Saulnier MS 893A rallye Comodore à train tricycle équipé d'u moteur de 180 Cv, c'est le F-BMNL (cn10849 de 1965)
Diamond Super Dimona HK36TTC
Le troisième est en réalité un motoplaneur immatriculé dans la catégorie des planeur F-C..., il s'agit Diamond  Super Dimona HK36TTC (F-CHQD cn/36610 de 1999) équipé d'un moteur ROTAX 914 F3 de seulement 115 Cv
Tableau de bord du Super Dimona

dimanche 11 septembre 2011

Aérodrome de Puimoisson


(photos collection privée Xavier Cotton)
 Cet été en vacances sur le plateau de Valensole connu pour sa culture de la lavande, je suis passé par Puimoisson, où j'ai vu un panneau indiquant un aérodrome. Intrigué par ce terrain que je ne connaissais pas, j'ai suivi les indications et après avoir suivi pendant 2,5 km un chemin très carrossable mais non goudronné, je suis arrivé sur un plateau où j'ai découvert le terrain de Puimoisson (LFTP) à usage restreint (carte VAC) réservé uniquement aux planeurs et leurs avions remorqueurs. Situé à 3,5 km à l’est de Puimoisson et à 10 km au nord du lac de Sainte Croix à une altitude moyenne de 750m, Ce terrain ouvert de mi-mars à fin septembre possède deux pistes orientées est-ouest et nord-sud permettant de décoller  et de se poser quelque soit l'orientation du vent.


Deux avions remorqueurs de type rallye (le F-BODD MS893 et le F-GBKL Rallye 235 E) sont mis à disposition ainsi que des cables pour l’amarrage des planeurs et des remorques. Vous pourrez assister à un briefing quotidien en français et en anglais portant sur le sécurité , la météo et les consignes de vol.
Il y a possibilité de loger sur place grâce un camping ombragé de 20 emplacements avec sanitaires et branchements électriques et pour vous distraire en attendant de voler vous trouverez un bar- restaurant, une piscine, des terrains de tennis, de boules et de volley-ball.
Situé sur le Plateau de Valensole, au pied des contre-forts des Alpes, l’ aérodrome de Puimoisson sera le point de départ idéal pour des vols dans les montagnes de la région. Ce terrain offre une grande variété de type de vol ( thermique, dynamique, onde …etc).

Contact :
Aérodrome de Puimoisson : http://www.puivolavoile.com
Centre de Vol a voile de Puimoisson
B.P. 1 – F. 04410 Puimoisson

mardi 25 janvier 2011

Quinzaine Aéronautique Internationale de 1948 : Cérémonie de clôture

 Ciel de France n°29 édité par la FNA
Capitaine Jimmy Youell au commandes de l'Irvin-Bell au stade Buffalo

Dans un précédent article au sujet de la Quinzaine Aéronautique Internationale organisé par la FNA (Fédération Nationale Aéronautique) en 1948, je vous avais parlé des vignettes émises à cette occasion.
Les recherches menées à ce sujet par des passionnés de l'aviation, nous ont mis en lien avec les archives du Service Technique de l'Aviation Civile (STAC) qui nous ont permis de retrouver des copies de certains articles parus dans la revue "Ciel de France" éditée par la FNA référant à la Quinzaine Aéronautique Internationale de 1948. En particulier le n°29 d'août 1948 qui semble est le dernier numéro de cette revue et qui relate la cérémonie de clôture

Même si elle n'eut pas le retentissement attendu par la FNA, la Quinzaine Aéronautique Internationale eu bien lieu du 8 au 23 août 1948. Il faut dire que la météo n'était pas au rendez-vous, comme on peut le lire dans "Ciel de France n° 29, "Il aura été dit que la Quinzaine devait se dérouler sous la pluie et le mauvais temps". La cérémonie de clôture qui eu lieu au "Stade Buffalo" à Montrouge pour expérimenter la formule "l'aviation dans le stade" se déroula  elle aussi, "par un temps exécrable, au plafond bas fait de crachin et de bruine, comme au plus sombres jours de novembre," ce qui fit bouder les spectateurs.
Cette manifestation aurait pourtant pu avoir du succès, car le programme était riche. Des ballons sphériques, un Deperdussin 1911 et un Morane-Saulnier 138 à moteur rotatif représentaient l'époque d'avant 1920, les Potez 36, Pou du ciel et Luciole celle d'avant 1939, tandis que les Stampes, Max-Holste, Bucker et les planeurs du concours Weihe, Nord 2000 donnaient la note moderne. Ensuite les modélistes , dont le concours international s'était tenu à Lognes du 14 au 16 août, firent une démonstration de  vol circulaire en profitant pour battre des records de France de vitesse et le clou de la manifestation fut une démonstration de l'hélicoptère Irvin-Bell ( probablement le G-AKCX) piloté par le capitaine Jimmy Youell accompagne du capitaine Turner, patron de l'entreprise.
Pour finir, M. Donne président de la FNA remit les coupes et prix aux participants du concours international de vol a voile qui eu lieu durant les quinze jours à Beynes. Tous les compétiteurs dont le vainqueur Mazoyer mais aussi Eric Nessler et Paul Lepanse  (qui concourra sur le Weihe n°3 conservé au Musée Régional de l'Air d'Angers ) étaient présent. Mazoyer reçut en plus la coupe Jean-Marie Le Bris pour avoir atteint les 7000m  d'altitude sans oxygène (gain de plus de 6000m) lors d'un vol  de effectué de 182 km à bord d'un Weihe, le 9 août 1948.

Sources des informations :
Ciel de France n°29 de août 1948: « Quinzaine aéronautique »

lundi 17 janvier 2011

Weihe N°3 au Musée Regional de l'Air d'Angers : un monument historique

(photos collection privée Xavier Cotton)
En avril 2009, j'ai visité le Musée Régional de L'Air d'Angers, et j'ai été impressionné par la qualité de la restauration de ce planeur Weihe n°3 immatriculé F-CRMX. Grâce à la Revue publiée pour les 25 ans du GPPA (Musée Régional de l'Air d'Angers) j'ai pu en apprendre plus  sur l'histoire de  ce planeur construit en 1943, restauré en état de vol en 1990 et classé Monument Historique en 1998 :

Le planeur Weihe (Cerf-volant) a été dessiné par Hans Jacob en 1938. Ce monoplace de performance dont plus de 350 furent construits en Allemagne, Suède, France (sous la dénomination de WMA-200) Espagne et Yougoslavie, a dominé les compétitions internationales jusque dans les années 60.
En 1943, Jacob Shweyer  construisit en Allemagne l'exemplaire exposé de nos jours au GPPA. Il fut ramené  en France le 10 juillet 1945 sous l'immatriculation provisoire  R-62. Il a reçu le n°3, Comme il fut le troisième Weihe pris en compte par l'état français, il reçu tout simplement le n°3. En 1945, Eric Nessler, le pionnier et champion de vol à voile français établit un record en bouclant  le triangle Beynes - Orléans - Beynes, soit 204 km. Il a  ensuite participé au concours d'Albi du 18 au 30 juin 1946 et aux mains de Paul Lepanse  qui fini  4eme lors du Concours International de vol à voile du 8 au 23 août 1948 sur le terrain de Beynes (Yvelines) dans le cadre de la Quinzaine Aéronautique  Internationale d'août 1948 organisée par la FNA .  


Le 24 janvier 1949, il est affecté au Centre-inter-club de Beynes. Changement d'immatriculation en 1954, il devient le F-CBGT puis est transféré à l'aéro-club d'Angers le 4 décembre 1957.  En 1964  il participe aux mains de Christian Ravel au Concours régional de Nantes où il se classe 3eme. Le planeur reçoit le  CNRA (Certificat de Navigabilité Restreint d'Aéronef ) n° 46960 du 8 décembre 1964 qui l'immatricule F-CRMD. Le 11 septembre 1972 il effectue son dernier vol, avant d'être offert au Musée de l'Air et de l'Espace en juillet 1976 et stocké à Chartres dans de très mauvaises conditions. Le GPPA ayant découvert cet état de fait, demande au Musée de l'Air et de l'Espace de lui confier le planeur pour restauration en vol, ce qui fut accordé par bulletin de prêt n° 06 du 27 mai 1982.
Après sa restauration, le planeur, titulaire du CNRA  n° 46980 du 26 avril 1990, prend l'immatriculation F-CRMX. Le 2 mars 1990, Christian Ravel lui fait faire son nouveau 1er vol à Angers . Ce planeur participe ensuite au rassemblement de planeurs anciens de Romilly et de Keiheuvel en Belgique en 1990. Il reçoit en 1990 la coupe de la meilleure restauration européenne offerte par le Vintage Glider Club, puis au début de 1991, la Coupe Jean-Marie Lebris offerte par la Fédération Française de Vol à Voile.  Le musée de l'Air et de l'Espace le cède au GPPA par acte de vente du 26 mars 1996 dans le cadre d'un échange de matériel. Depuis, l'appareil a été entretenu en état de vol par le GPPA. Le Ministère de la Culture a classé ce planeur Monument Historique par arrêté OM/98-49/N N° 098 du 8 septembre 1998. Il fut exposé sur les Champs-Élysées, du 7 au 30 septembre 1998 dans le cadre du "Centenaire de l'Aviation" organisé par l'Aéroclub de France. Enfin, quelques incertitudes sur les collages conduisent le GPPA à l'arrêter de vol afin d'assurer sa préservation et le planeur est désormais exposé dans le Musée Régional de l'Air d'Angers. En allant sur le site du très bien fait du Musée Régional de l'Air GPPA, vous pouvez en apprendrez encore plus sur le planeur DFS (Schweier)Weihe.

Sources des informations :
Revue publiée pour les 25 ans du GPPA (Musée Régional de l'Air d'Angers)
Musée régional de l'Air GPPA :  http://www.musee-aviation-angers.fr/
Ciel de France N°29 Août 1948

jeudi 9 septembre 2010

Fouga CM 8 R 13 Sylphe I

 (photo collection privée Michel Léveillard)
Sur cette photo prise en 1950 au meeting de Rouen-Le Madrillet, on peut voir Fouga CM8-R13 Sylphe I  F-WFOI (n°1) conçu par la société Fouga d'Aire sur Adour.
Le CM8-R13 "Cyclone"  (C pour CASTELLO; M pour MAUBOUSSIN , R pour réacteur et 13  pour 13m² de surface alaire) a effectué son premier vol le 14 Juillet 1949 aux mains du pilote Léon BOURRIAU qui mis au point tous les prototypes des établissements FOUGA.Cet appareil expérimental utilisait pour la 1ere fois  un réacteur de petite puissance le "Piméné" qui était le fruit des travaux de Joseph SZYDLOWSKY président-directeur de la société TURBOMECA. ce mini réacteur faisait 80cm de long, 40cm de diamètre, 85kg de poussée pour une masse de 40kg. un simple châssis tubulaire permet de l'installer sur le dos d'un d'un planeur C.M.8-13 dont l'empennage en V est dégagé idéalement du jet du réacteur. Le petit Fouga est rapidement présenté en vol  en France et à l'étranger jusqu'à Miami en janvier 1950 où Fred Nicole effectue une démonstration époustouflante. Au mois de mai 1950, le puissant constructeur de moteurs à pistons Wright  envoya un courrier à Aire sur Adour pour demander que le C.M. 8 R 13 change son nom de "Cyclone" attribué à l'un de ses moteur mondialement connu, M MAUBOUSSIN accepta de donner le nom de "Sylphe" au C.M.8 R 13 
Deux Appareils seront produits qui recevront les immatriculations suivantes : F-WFOI (n°1) et (F-WFOJ) (n°2), puis F-BFOI et F-BFOJ. Un certain nombre de modifications ont étés appliquées entre les deux appareils, en particulier la roulette  intégrée au patin avant sur le n°1 sera plutôt fixée sur le patin avant dans le cas du n°2, le carénage moteur a lui aussi évolué.

Sources des informations :
Minijet Web site :  http://www.minijets.org
Fana de l'aviation n° 476 de juillet 2009
Histoire de l'Aéronautique française de Jacque Noetinger  l'épopée 1940-1960 éditions france-empire