jeudi 14 février 2013

L'Aviation civile : une administration dans Paris 1919-2009

L’Aviation civile
Une administration dans Paris – 1919-2009
Pierre LAUROUA

  



Véritable livre d’histoire, l’ouvrage de Pierre Lauroua s’adresse  à tous ceux qui considèrent que la mémoire de l’Aviation civile est très important, mais aussi aux personnels de la DGAC qui ont su adapter les très nombreuses réglementations du ciel et des aéroports à l’évolution incroyable de l’Aviation. Au grès des 450 pages illustrées de centaines de photos vous pourrez reconnaitre des collègues en particuliers pour les plus anciens des rémois, vous vous rappellerez de trois jeunes femmes ayant participé au rallye des gazelles de 1991, mais aussi une collègue de la direction du CRNA-Est alors membre du bureau national du SNCTA en train de signer le 3 novembre 1994 le protocole social 1994-1997.

Voici la présentation du livre écrite par Pierre LAUROUA
"L'aviation nait avec le XXe siècle. l'Administration qui la prend en charge se constitue au lendemain de la guerre de 1914-1918. Contrairement à d'autres départements ministériels de création plus ancienne, elle ne dispose pas d'un patrimoine immobilier pour loger ses services centraux. C'est vrai pour l'avant-guerre, et il faut attendre 1934 pour que le ministère de l'air soit doté de locaux dignes de ce nom sur le boulevard Victor ; c'est encore plus vrai pour l'après-guerre et pour l'Aviation civile naissante, qui ne trouvera de domicile fixe que cinquante plus tard, au fond du 15e  arrondissement, face au terrain qui fit la gloire d'Henry Farman.

Durant un demi-siècle, l'Aviation civile a vécu éclaté, de réquisitions en locations, entre anciens appartements, hôtels particuliers et constructions précaires, à la recherche d'un espace qui lui permettrait de se regrouper enfin.Sa géographie est faite d'itinérances réelles, dans un Paris où apparaissent les tours et qu'encercle bientôt le périphérique, mais aussi de voyages imaginaires vers des sites un temps convoités.

Le présent ouvrage s'est donné pour objectif de faire revivre ces lieux. La mémoire administrative n'est pas abstraite, elle s'incarne dans les bâtiments, les cours, les rues, les quartiers ; la genèse des dossiers est indissociable des murs, des couloirs et des antichambres. retrouver la trace des implantations disparues, c'est voir réapparaitre la vie quotidienne des hommes et des femmes qui les habitaient, tout comme les grands moments de l'Aviation civile du siècle passé.

Dans cette quête, les archives publiques et privées ont comme toujours révélé des richesses, parfois insoupçonnées, que sont venus éclairer les témoignages des acteurs. Les uns ont pris la plume, d'autres la parole, certains avec nostalgie, tous avec enthousiasme, pour évoquer le temps où l'Aviation civile était une Administration dans Paris."

L’Aviation civile, une administration à Paris, 1919-2009
Pierre Lauroua
collection mémoire de l’aviation civile
450 pages
ISBN : 978-2-11-129156-0


Exemplaire papier disponible sur demande :

dimanche 10 février 2013

L'aérodrome de Challes fête ses 100ans, le programme


Cet article a été rédigé par "Challes Aviation", qui organise cet anniversaire, pour l'office de tourisme de Challes-les-Eaux et publié initialement sur Marque-en-Ciel de Jean-Noël Violette.

Le 26 octobre 1913 naissait l'aérodrome de Challes-Les-Eaux, inauguré en grande pompe en présence de tous nos édiles locaux.
Les acteurs aéronautiques actuels de cette belle plateforme ne pouvaient que commémorer cet évènement au cours de quelques temps forts, auxquels tous nos concitoyens seront les bienvenus.
6 avril 2013 à 11 h : inauguration , après rénovation, de la Stèle dédiée aux Ailes Brisées , à l'entrée de l'aérodrome.
Cette cérémonie sera suivie d'une petite réception devant le hangar historique de notre aérodrome redécoré avec son habillage " 1913 ". Quelques aéronefs anciens (planeurs et avions) seront présents lors de cette journée .

8 au 30 avril 2013 : Exposition de photographies relatant la création de l'aérodrome ainsi que l'activité des femmes pilotes célèbres du siècle dernier. Cette exposition aura lieu à la médiathèque de Challes les Eaux lors de ses heures d'ouverture au public .
3 mai au 20 octobre 2013 : au CHÂTEAU DES COMTES DE CHALLES , exposition de photographies consacrées à la vie de l'aérodrome de Challes lors de la 1ère partie du 20ème siècle (ouverte au public) .
8 et 9 juin 2013 : Fête aérienne sur l'aérodrome de Challes , avec rassemblement d' avions, exposition d'avions et de planeurs anciens, journées portes ouvertes des différents acteurs de la plateforme (Centre de vol à voile , Aéroclub de Challes , Les amis du CLAP 73 , Airmonie , Les aéromodélistes des Raz - Mottes et la Société de construction et de réparation de matériels volants Stralpes Aéro)
Ces journées sont ouvertes au public gracieusement, et des vols d'initiation (à titre payant) seront organisés. Le public sera accueilli sur les espaces qui lui seront dévolus .
9 novembre 2013 : Un colloque sur " 100 ans d'aviation sur l'aérodrome de Challes-les-eaux " est organisé au " Manège " à Chambéry de 9h à midi et de 14h à 17 h 30 .
Une quinzaine d'intervenants feront revivre un siècle d'aviation sur notre aérodrome , en insistant sur les " grands moments ". Toutes les personnes intéressées sont chaleureusement invitées à y assister. ENTRÉE LIBRE .
Ce colloque se clôturera par une soirée Grand Public , toujours au " Manège " , sur un sujet majeur de l' aviation contemporaine (sujet non défini à ce jour), concernant l'Air ou l'Espace. Le sujet et l'horaire seront communiqués prochainement : ENTRÉE LIBRE
4 novembre au 31 décembre : Une exposition plus conséquente de photographies, illustrant la vie de l'aérodrome de Challes depuis ses débuts , est organisée à la galerie EUREKA à Chambéry (Carré Curial) . ENTRÉE LIBRE .
Le livre "Challes avec deux ailes" de Jean-Noêl Violette pourra être dédicacé à l'occasion de nos diverses manifestations
 

mardi 5 février 2013

Affiche de Meeting Aérien à Rouen-Le Madrillet

Journée Aérienne-Aérodrome de Rouen-Le Madrillet ©OKR
Voici une très belle affiche (155 x 117 cm) dessinée par B. Delcourt journaliste-dessinateur à Paris-Normandie récemment entoilée  annonçant une journée aérienne  sur l'Aérodrome de Rouen-Rouvray dit "Le Madrillet" (fermé en 1968). Cette journée organisée par l'Aéroclub de Normandie sous le patronage de Paris-Normandie et Sprint eut lieu un 6 juin, mais on peut se demander de quelle année ?

Grâce à une demande d'aide sur Aéroforum (http://www.aerostories.org/~aeroforums/forumhist), nous sommes actuellement arrivés au conclusions suivantes. En prenant pour référence arbitraire que pour ce meeting le 6 juin était un dimanche cela donne les 3 années suivantes possibles 1948, 1954, 1965.
Sur l'affiche on peut voir deux Vampires particulièrement reconnaissables en raison de leur fuselage arrière bi-poutre ce qui peut nous aider à trouver l'année de cette journée aérienne rouennaise.

Michel Léveillard témoigne "Le premier Grand Meeting d'après-guerre a Rouen fut en 1947 avec la participation des YAKs Du Normandie Niemen. Les suivants eurent lieu en 1948 - 1949 ...etc
Le seul de ces trois Meetings dont je me souviens avoir vu des Vampire fut en 1948
"

Regis Biaux nous informe que l'Armée de l'Air n'a mis en service ses Vampire qu'en octobre 1949, par conséquent les Vampire vus par Michel Léveillard en 1948 en présentation au Madrillet, ne pouvait être que des Vampire de la RAF. Dans ce cas, on peut se demander pourquoi les Vampires de l'affiche ont des cocardes françaises ?
En 1954, ce sont les pleines années Vampire dans l'Armée de l'Air, donc possible en vol lors d'un meeting au Madrillet... et en corrélation avec l'affiche.

Les Vampire de l'Armée de l'Air l'avion ayant terminé leur carrière opérationnelle en 1961, il n'a pu être possible de les voir en meeting en 1965.


Maintenant, les affiches des meeting aérien organisés par l'Aéroclub de Normandie étant soumises à concours il se peut que cette affiche soit seulement une étude.  Il faudrait probablement aller chercher dans les archives de Paris-Normandie ou de Sprint pour obtenir plus d'informations sur cette journée aérienne.

Voici quelques dates de meeting aérien organisés à Rouen après la seconde guerre mondiale : 11/08/46, 8/06/47, 06/06/48, 6/06/49, 4/06/50, 31/08/52, 30/05/55, 10/07/57, 6/09/59 (Pavilly) et 24/06/62 (Rouen-Boos)

lundi 4 février 2013

Henri Wénisch, l’ancien mécanicien personnel de l’as Edmond Marin la Meslée, nous a quittés


C’est une figure de l’Armée de l’air, le tout dernier des « grands anciens » de la défunte base aérienne 112 de Reims qui vient de disparaître : Henri Wénisch, quatre-vingt-quinze ans, ancien du groupe de chasse I/5 de Reims, qui fut pendant la guerre le mécanicien personnel du commandant Marin la Meslée, l’un des plus glorieux as de la Seconde Guerre mondiale.

Henri Wénisch, né le 7 août 1917 à Bouguenais (Loire-Atlantique), était l’incarnation même de ce mécanicien complice du pilote de chasse, en charge de l’entretien méticuleux de son appareil. Humaniste, attachant, bienveillant, fidèle et dévoué, c’était aussi un homme à la mémoire prodigieuse, un grand témoin de l’histoire de l’Armée de l’air, où il était entré au milieu des années trente.
Photographie d’Henri Wénisch prise à l’école de Rochefort où il fut apprenti mécanicien de 1935 à 1936, avant d’être affecté sur la base aérienne 112 de Reims, au groupe de chasse I/5.

Affecté sur la base aérienne 112 en 1936, Henri Wénisch n’était alors qu’un simple soldat fraichement sorti de l’école des mécaniciens de l’Armée de l’air de Rochefort. Il n’allait cependant pas tarder à faire la connaissance de celui qui allait marquer sa vie et qu’il admirerait jusqu’à son dernier souffle : un pilote prodigieux, futur as des as de la campagne de France de 1939-1940 et parrain à partir de 1953 de la base aérienne 112, Edmond Marin la Meslée (1912-1945), qui devait totaliser seize victoires certaines et quatre probables.

Henri Wénisch deviendra l’un des meilleurs experts du Curtiss H-75, ce chasseur d’exception que les escadres de chasse rémoises, à partir du printemps 1939, furent à peu de choses près les seules à mettre en œuvre, notamment le groupe de chasse I/5 auquel appartenait Marin la Meslée. Un chasseur d’exception avec lequel s’illustrèrent douze des quinze meilleurs as de 1939-1940, et qu’Henri Wénisch eut le privilège de côtoyer, parmi lesquels le commandant Jacques-Louis Murtin, le capitaine Jean-Mary Accart, Camille Plubeau, Michel Dorance, son ami le Rémois François Warnier décédé en 2005... et tant d’autres !

Henri Wénisch photographié sur la BA 112 de Reims le 30 juin 2011, jour de sa dissolution.
Henri Wénich avait suivi le lieutenant Marin la Meslée en Afrique du Nord, le GC I/5 ayant été replié en Algérie puis au Maroc. Après l’opération Torch – le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942 – une nouvelle page de l’histoire glorieuse du groupe de chasse devait être écrite. Mais en partie sans lui : « Marin » dut en effet se résoudre à l’été 1944 à se séparer d’Henri Wénisch, qui était monté en grade et ne pouvait être maintenu dans les effectifs de l’unité.

Lorsqu’il quitta l’Armée de l’air une quinzaine d’années plus tard, Henri Wénisch était adjudant-chef. Il ne tarda pas à ouvrir à Reims, en décembre 1960, un garage avec son ami Jean Prott et ils furent concessionnaires BMW.

L’une des dernières apparitions publiques d’Henri Wénisch : le 2 février 2012 à Reims, jour de l’inauguration d’une plaque à la mémoire du commandant marin la Meslée, pour le centenaire de sa naissance. À sa droite : Philippe Marin la Meslée, fils du commandant. À sa gauche : Jacques Cohen, adjoint au maire de Reims, et le lieutenant-colonel Jérôme Servat, commandant de l’organe liquidateur 112.
Très investi dans le tissu associatif, Henri Wénisch, membre notamment de l’ANSORAA, par ailleurs président d’honneur des anciens combattants de Tinqueux, était aussi artiste. Œuvrant au sein du groupe pictural de Champagne (dont il était le président d’honneur), il aimait peindre des aquarelles qui représentaient des combats aériens (mais aussi de beaux paysages). Il en avait offert plusieurs à sa création en 2002 au Musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale, lieu de mémoire qui fonctionna jusqu’en 2011 et auquel il était extrêmement attaché, raison pour laquelle, jamais, il ne manqua la moindre édition des Journées européennes du Patrimoine pour y accueillir le public et présenter « sa » salle : celle consacrée à son as de héros. Un héros qu’il honorait chaque année, aux côtés du commandant de la BA 112, au pied de la stèle Marin la Meslée, à la date anniversaire de la disparition du parrain de cette base.

L’une des très nombreuses aquarelles peintes par Henri Wénisch, président d’honneur du groupe pictural de Champagne. Ici, évoluant à la verticale des hangars d’aviation de la défunte base aérienne 112 de Reims : les quatre Republic F-84 emmenés par le commandant Pierre Delachenal de la 3e escadre de chasse, fondateur à Reims en 1953 – il y a tout juste soixante ans – de la célèbre « Patrouille de France ».
Henri Wénisch, qui résidait à Tinqueux, ville de l’agglomération de Reims, était titulaire de plusieurs décorations, parmi lesquelles la médaille militaire, la médaille du combattant 1939-1945 et la médaille de l’Aéronautique. Ses obsèques ont étés célébrées le samedi 2 février en l’église Sainte-Bernadette de Tinqueux, à 10 heures.

Source : Frédéric Lafarge, ancien conservateur du Musée de la BA112 et de l’Aéronautique locale (Reims)

mercredi 30 janvier 2013

Gagnez 30 minutes de vol en avion de chasse



Crucial.fr, le site expert en ajout de mémoire et disque SSD, lance une mission très spéciale avec à la clé un vol  de 30 minutes en avion de chasse, un AR Drone 2.0 et jusqu’à 100€ d’upgrade de mémoire. Pour cela, il suffit de déposer sa checklist pour booster les performances de son ordinateur sur http://www.crucial-mission.fr et de mobiliser ses amis pour obtenir le plus de votes.

mardi 29 janvier 2013

Aéroports de Paris lance le réaménagement de l'esplanade Orly-Sud

Le parvis piéton du Terminal Sud sera arboré et élargi pour atteindre 17 mètres © ADP
Dans le cadre du vaste programme de travaux qui donnera un nouveau visage à l'aéroport Paris-Orly à l'horizon 2018, Aéroports de Paris reconfigure la totalité des abords des terminaux et les accès aux parkings.

Réalisé pour simplifier les circuits et l'orientation des passagers, ce chantier commence en janvier 2013 par le réaménagement de l'esplanade du Terminal Sud, pour s'achever au printemps 2014. Pour les passagers, l'accès au parking P1 et à la Dépose Minute sera plus aisé, plus fluide, car déplacé en amont du Terminal Sud.
Des trottoirs qui passent de 6 à 17 mètres
Ce chantier va rééquilibrer la distribution entre les espaces routiers et piétonniers. Le parvis piéton du Terminal Sud sera arboré et élargi pour atteindre 17 mètres (au lieu des 6 mètres existants aujourd'hui). Il sera également modernisé, végétalisé et aménagé avec du mobilier urbain de qualité.

Les étapes du réaménagement du linéaire du Terminal Sud
A partir du 22 janvier 2013, le parking "Dépose minute" du Terminal Sud sera transféré dans le parking P1 (parking au contact du Terminal Sud). La Dépose minute sera réouverte en surface à l'automne 2013.
Durant ces travaux, tout stationnement inférieur à 20 min est gratuit dans les parkings P1, P3 et P6.
De septembre 2013 à février 2014, l'esplanade piétonne devant le Terminal Sud sera agrandie et aménagée, pour plus de fluidité, de services et de confort.
Une présence humaine renforcée pour accompagner le chantier
Aéroports de Paris met en place :
- du personnel sur les espaces routiers pour orienter les conducteurs,
- des agents dans le parking P1 (sur les cheminements piétons et près des ascenseurs) pour informer les passagers,
- des liftiers dans les ascenseurs du parking P1, aux heures les plus fréquentées pour fluidifier l'accès au Terminal Sud.
 
Impacts pour les professionnels
-        Pour les taxis : aucun changement concernant leur accès en zone de dépose.

-    Pour les cars de groupes : déplacement à partir du 9 janvier du parking des cars depuis l'esplanade du Terminal vers une zone dévolue dans le parking P6. Fin juin, retour de leur stationnement à l'emplacement initial dans un parking PRO réaménagé, avec 6 arrêts qui leur seront dédiés.

-    La gare routière (bus RATP, Air France, etc.) reste inchangée.

lundi 28 janvier 2013

Reims-Prunay change de nom

Finale QFU 07 à Reims-Prunay (LFQA) ©Xavier Cotton

C'est désormais l'entreprise SNC Lavalin  qui gère pour les sept ans à venir l'aérodrome de Reims-Prunay, à la place de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Reims-Epernay. La SNC Lavalin à annoncé qu'elle visera le développement qualitatif de cet aérodrome. Par la même occasion l'aérodrome de Reims-Prunay, situé à quelques kilomètres de la ville sur la route de Châlons changera de nom pour s'appeler l'aéroport de Reims-en-Champagne.  Son code OACI restera lui par contre identique, LFQA
La présentation officielle de ces changements a été faite vendredi 18 janvier dans les locaux de la communauté d'agglomération Reims-métropole, cet aéroport faisant à présent partie de ses compétences.

Source des informations :
Journal L'union : http://www.lunion.presse.fr/article/marne/laerodrome-de-reims-prunay-change-de-gestionnaire-et-de-nom

samedi 26 janvier 2013

Alouette III vendue aux enchères chez Artcurial

Alouette III mise en vente aux enchères chez Artcurial


Je vous ai précédemment annoncé la vente aux enchères aéronautique qui aura lieu dimanche 17 février de 11H et 14H chez Artucurial (exposition - 7, rond-point des champs Élysées 75008 Paris)
A cette occasion une Alouette III  (lot 470) de l'Irish Air Corps est exposée dans la cour de l’hôtel Marcel Dassault depuis vendredi 18 janvier. Voici le catalogue complet de la vente (527 lots)  : http://www.artcurial.com/fr/asp/searchresults.asp?pg=1&ps=18&st=D&sale_no=2295


SUD AVIATION, ALOUETTE III, entre 1962 et 1974 Motorisation Artouste IIIB Turbomeca, livrée de l'Irish Air Corps.
Diamètre du rotor : 11,50 m
Longueur : 10,03 m
Hauteur : 3,09 m
Vitesse maximale : 210 km/h.
Plafond : 3 200 m.
Vitesse ascensionnelle : 258m/s.
Rayon d'action : 540 km.

Provenance:
Irish Air Corps, Army support squadron de Baldonnel, Dublin

Afin d'améliorer les performances de l'Alouette II, le bureau d'études de Sud Aviation conçut une version plus puissante, en partie en améliorant son aérodynamique. Il en résulta un semi monocoque, pouvant emporter sept personnes (un pilote et six passagers), au fuselage entièrement caréné, doté d'une turbine de 870 ch. thermiques, l'Artouste III B produit par Turbomeca, et reposant sur un train tricycle Messier à roue avant orientable. Sa puissance mécanique était préservée autant en altitude qu'au niveau de la mer, jusqu'à une température extérieure supérieure à 50 °C et lui assurait donc une très grande fiabilité.
De plus il pouvait servir dans des opérations militaires, de sécurité civile, ce qui correspondait aux besoins de nombreux pays européens à cette époque, grâce à la possibilité d'effectuer des évacuations au treuil (capacité 175 kg), et la bonne adaptation de la cabine aux missions sanitaires avec une place allouée à deux civières, un malade assis et un assistant médical.
Cela lui assura un grand succès commercial et plus d'une cinquantaine de pays en ont acquis des exemplaires.
Cet hélicoptère est vendu en position statique.

Estimation 30 000 - 40 000 €


Sources des informations :
http://www.artcurial.com

dimanche 20 janvier 2013

Roland GARROS héros de la Méditerranée



 Roland GARROS héros de la Méditerranée




Dans le cadre des manifestations de « l’Année Mondiale Roland Garros » l’association « Mémoires de l’hydraviation » a réalisé, avec l’aide de la « Mission Mémoire de l’aviation civile », une exposition présentée à la DGAC du 20 janvier au 8 février 2013 (visite les jours ouvrables de 8h30 à 18h30).
Morane-Saulnier H F-AZMS de l'AJBS sur la BA112 de Reims (28 juin 2009) ©Xavier Cotton
La réplique du Morane-Saulnier H (F-AZMS) de l’Amicale J.B. Salis sera exposée dans le hall jusqu’à fin janvier.

Conférence le vendredi 25 janvier 2013 
DGAC 50 rue Henry Farman Paris 15° (métro Balard puis se diriger vers Aquaboulevard ou tram Henri Farman puis contourner le bâtiment).
Accueil et visite de l’exposition de 13h30 à 14h15 Début conférence 14h30 (fin 18 h)

M. Soussia dédicacera son livre « l’essor de l’aviation en Tunisie de Roland Garros à nos jours »
(30 euros en précommande par mail : memoireshydraviation@free.fr)

« Garros, géant de l'aviation » par Philippe Jung président de la Commission
« Histoire » de la 3AF et du Comité de Programme de l'Année Mondiale Roland Garros.

Projection du court métrage d’Habib Soussia « Roland Garros en Tunisie ».

« Jacques Schneider et les débuts de la Coupe Schneider » par Henri Conan.

Le nombre de places étant limité inscription pour la conférence par mail :
memoireshydraviation@free.fr
Contact : 04 90 79  24 05
http://memoireshydraviation.over-blog.com

vendredi 18 janvier 2013

Exposition Les Gens d'Air à Saint-Junien

Les Gens d'Air
Du 2 au 17 février
la Halle au Grains à Saint-Junien
15h/19h et sur RDV



Exposition "Les Gens d’Air" du 2 au 17 février 2013 à la Halle au Grains de Saint-Junien (87), avec les Peintres de l’air, les photos de Photolim87 sur Legend’Air, le conservatoire aéronautique du Limousin, et les Ailes limousines

mardi 15 janvier 2013

Paul Legastelois pilote-representant

Paul Legastelois, organisateur de la croisière bleue ©Anseaume
À priori, rien ne destinait Paul Legastelois, à faire carrière dans l’aviation.
Son père, fils de petits paysans, devenu notaire, officiait à Sourdeval, dans la Manche. C’est là que Paul est né, en 1905.  Suivant les traces paternelles il avait fait l’école de notariat de Paris et avait commencé à travailler comme clerc dans l’étude de son beau père, lui aussi notaire, à Saint Lô.
Mais cette vie si étroitement rangée ne lui convenait pas et, s’il n’en dit mot, son organisme réagit bientôt par de fréquents évanouissements. Consulté, le médecin déclara que « ce jeune homme n’était pas fait pour la vie de bureau et devrait vivre « en plein air ».
Le conseil de famille se réunit autour de Paul et de sa jeune épouse pour réfléchir aux issues possibles. On ne sait comment la discussion se termina sur cette conclusion : deux professions permettraient à Paul de vivre au grand air : paysan ou aviateur !
-    Paysan ?  s’exclama Paul. Jamais ! Je serai aviateur.

Paul Legastelois devant son premier Caudron Luciole F-ALSJ en 1932 à occasion de sa participation au second Tour de France des avions de Tourisme ©Legastelois
Nous sommes alors en 1930. Laissant sa famille à Saint Lô, Paul part à Paris où il passe rapidement son brevet de pilote. Ce document en poche, il va trouver René Caudron, l’un des pionniers de l’industrie aéronautique française, pour lui demander une place de pilote-représentant.
« Jeune homme, lui répond Réné Caudron, je veux bien vous embaucher, mais à condition que vous achetiez l’avion avec lequel vous travaillerez … et avec lequel vous vous tuerez certainement ! »
Paul Lagastelois avec une passagère devant son Caudron Luciole F-ALSJ à Lyon-Bron en 1932 ©Legastelois

Accord conclu. Paul emprunte de l’argent à son beau-père, achète un Luciole et bientôt sillonne la France, présentant son biplan dans les meetings aériens. Il manifeste vite de réels talents de vendeur que René Caudron apprécie fort et poursuit jusqu’à la guerre une carrière où se conjuguent commerce et pilotage. Pour le travail et pour le plaisir : Paul participe ainsi en 1932 au deuxième Tour de France des avions de tourisme avec son Caudron Luciole (F-ALSJ) se classant à la 22 ème place sur les 47 concurrents classés à l'arrivée, 14 ayant terminé 1er ex-aequo, puis au Rallye du Hoggar en 1938 aux commandes d’un Farman 403 (F-ANPX). 
Une panne de moteur le contraint à l’abandon à In Salah.
Paul Legastelois en panne à In Salah avec son Farman 403 F-ANPX ©Legastelois

En 1939, mobilisé dans l’armée de l’air comme pilote-instructeur, Paul est affecté à la base aérienne de Caen. La naissance de son quatrième enfant le rend à la vie civile quelques mois plus tard.

Il n’est plus question de vendre des avions de tourisme pendant la guerre. Paul monte un garage où l’on adapte les voitures au gazogène. Mais dès 1945, il retrouve le milieu de l’aviation et crée à Neuilly l’Agence aéronautique Legastelois, qui vend des avions de tourisme, puis de transport, et la société « Tout pour l’avion » qui fournit à ses clients des pièces détachées. C’est l’époque où la SCAN lance sur le marché le Norécrin un petit bijou dont Paul devient vite le vendeur quasi exclusif. Il en expose un exemplaire au premier salon de l’aviation de l’après guerre qui se tient sous la coupole du Grand Palais à Paris en novembre 1946.
Les Norécrins réunis à Tunis lors de la croisière bleue de 1948 ©Anseaume
En 1948, pour promouvoir ce si joli monoplan à aile basse et train rentrant, il organise, avec le soutien de la SNCAN, La « Croisière bleue » : 22 Norécrins font le tour de la Méditerranée : Toussus-le-Noble, Naples- Tunis- Bône - Alger - Boufarik - Oran - Rabat - Marrakech - Agadir - Casablanca - Tanger - Porto - Biarritz – Tours Toussus-le-Noble.

Paul Legastelois est alors président de la chambre de commerce de l’aéronautique.

Avec la période de l’après guerre le marché de l’aviation connaît un développement considérable. Pour monter leur flotte, les nombreuses compagnies qui se créent dans toute l’Europe et dans les colonies, ont recours au gigantesque marché d’appareils d’occasion né des surplus militaires. « Tout pour l’avion » devient bientôt « Centravia ». Installée cité Canrobert, dans le 15è arrondissement de Paris, la société dispose d’un entrepôt sous douane pour les pièces de rechange. Quand à l’agence aéronautique Legastelois, elle ne vend plus seulement des Norécrins et autres appareils de tourisme, mais des Dragons rapides Dehavilland, et bientôt des Douglas DC3 « Dakota », voire même un DC4 que Paul va acheter aux Etats-Unis pour le compte d’un client.  L’agence est le représentant en France du constructeur britannique Auster.

La guerre d’Indochine a créé un nouveau marché. L’armée de l’air y est en effet peu présente et les missions de ravitaillement des postes isolés sont confiées à diverses petites compagnies civiles. Le Dakota est l’avion idéal.  Paul fait, à l’époque, de fréquents séjours à Saïgon. La compagnie Aigle Azur est l’un de ses principaux clients.

A Paris, l’Agence et la société Centravia connaissent des années prospères. Paul emploie une dizaine de collaborateurs, dont une femme extraordinaire : Miss Roy Mary Sharpe, squadron leader dans la RAF pendant la guerre.

La fin de la guerre d’Indochine, puis l’indépendance de l’Algérie sonneront le glas de ce flux commercial. Dans le même temps, les grandes compagnies se sont développées au détriment des petites. Elles achètent désormais de plus en plus d’appareils neufs. En 1958 Paul dissout la société Centravia et, peu après, met fin aux activités de l’agence. Il s’installe dans les Alpes Maritimes où il entame une carrière d’agent et de promoteur immobilier.
De L'accident qu'il eu avec son Caudron Luciole, Paul Legastelois s'en tirera juste avec le nez cassé ©Legastelois

La page de l’aviation est alors tournée pour Paul Legastelois, mais elle n’est certes pas effacée de la mémoire de ses enfants. Comment, en effet, oublier le plaisir de ces dimanches passés  au bord de la piste, à Toussus-le-Noble ou Guyancourt, les salons de l’aviation du Bourget, le baptême de l’Air donné par son propre père, les récits de vols passionnants, voire d’accidents dont Paul eut la chance de se tirer sans autres conséquence qu’un nez cassé … « J’ai la baraka » disait-il en évoquant aussi ces deux avions de ligne qui s’écrasèrent et dans lesquels il aurait dû se trouver si un imprévu ne lui avait fait manquer le départ.

Paul Legastelois est mort, à Vence, le 24 décembre 1977.

Jean Legastelois

dimanche 13 janvier 2013

Le Cahier des As Oubliés de 14-18 N°3 : L'aviation aux manoeuvres d'avant Guerre. 1910-1913

Après le Cahier des As Oubliés de 14-18 N°1 " Le concours d'aviation militaire de 1911" et le N°2 "Donnez des aéroplanes à La France. 1912-1913" parus en 2012, le N° 3 "L'aviation aux manœuvres d'avant-guerre. 1910-1913" est désormais disponible.
Viendront ensuite le n°4 "1914 : L'aviation entre en guerre" et le n°5 "Célestin Pégoud, "Roi du ciel" et Premier AS"
Ces cahiers sont édités trois fois par an complémentairement au site internet  :  http://www.asoublies1418.fr
Vous pouvez commander chacun des 5 numéros au tarif de 15 euros port compris (France métropolitaine) auprès de Claude Thollon-Pommerol . 
Quatre pages de chaque numéro et le bulletin de commande sont disponible sur le site les "As" oubliés de 14-18. Histoire de l'aviation française de la 1ere guerre mondiale : http://www.asoublies1418.fr 
Le N°3 comporte 78 pages, 21 x 29,7 cm, 75 illustrations
Offset, dos carré cousu, couverture souple pelliculée couleur.

Table des matières du cahier n°3 : 
Premiers avions militaires

60'000 hommes et quelques aéroplanes aux manœuvres de Picardie

Le circuit européen comme champ de manœuvre

Manœuvres de l’Est et des Ardennes
Aviation de combat

L'aéroplane d'artillerie: les expériences

Manœuvres de l’Ouest, septembre 1912

La revue après les manœuvres

Les aéroplanes aux grandes manœuvres de cavalerie

Septembre 1913 Grandes manœuvres du Sud-Ouest


samedi 12 janvier 2013

Meilleurs voeux pour l'année 2013

Vol Roissy-Toulouse du 7 janvier 2013 ©Xavier Cotton
Par cette photo prise en vol à l'aide d'un smartphone en mode avion, je tiens à vous présenter mes vœux aéronautique pour cette année 2013.

lundi 31 décembre 2012

Serge Maigrot s'est envolé pour toujours

Serge Maigrot devant son Tiger Moth sur la BA112 le 05 juillet 2004 © Xavier Cotton

Je viens d'apprendre une bien triste nouvelle, Serge Maigrot (83 ans) nous a brutalement quitté en cette fin d'année. Toute personne ayant croisé Serge au moins une fois dans sa vie, ne pourra jamais oublier cette figure rémoise du monde de l'aéronautique. Quand vous le rencontriez sur l'aérodrome de Reims-Prunay où il venait encore régulièrement, ce pilote toujours souriant aux 16 000 heures de vol savait rester modeste et n'était jamais avare d'une bonne blague. Ancien pilote professionnel d'avion et d'hélicoptère (SAMU), mais aussi instructeur et amateur d'avions de collection, il prenait plaisir à discuter avec vous d’anecdotes aéronautiques, mais aussi de son De Havilland Tiger Moth  (F-AZTM) qui fut un temps le seul en état de vol en France. Son épouse Marie France et lui avaient restauré ce DH-82 dans un grand soucis d'authenticité, avec notamment un moteur qui se lance  toujours à la main. Il souhaitait que ce Tiger Moth (F-AZTM) ayant servi d’avion d’entraînement dans la Royal Air Force de 1942 à 1946 reste aux normes anglaises de l'époque : ni roulette de queue, ni freins.

Tous ses amis sont dans la peine et pensent à Marie-France.

Un dernier hommage sera rendu à Serge mercredi 2 janvier à 14 heures en l'église de Cernay-lès-Reims.

"Un pilote ne meurt jamais, il s'envole juste et ne revient pas"
Antoine de Saint-Exupéry

dimanche 30 décembre 2012

Georges Rollin ingénieur de recherche et le Laté 631

Laté 631 ©Philippe Rollin
 
Un grand merci à Philippe ROLLIN qui nous  fait partager des extraits des mémoires de son père en tant qu'ingénieur aéronautique :



Georges Rollin
Georges ROLLIN (4 juillet 1915-13 juillet 2001) a fait toute sa carrière d’ingénieur dans l’aéronautique, depuis sa sortie de l’école en 1935 – période des balbutiements de la mesure - jusqu’à sa retraite en 1980.  C'est à l’ONERA qu'il a terminé sa vie professionnelle comme spécialiste des mesures, responsable des installations et équipements de l’Aérodynamique à CHALAIS MEUDON de 1972 à 1980.
En 1994, il a entrepris la rédaction des ses mémoires, s’étant mis à près de 80 ans à l’utilisation de l’ordinateur. Ces mémoires, terminés en 1998, comportent une part de souvenirs personnels, de commentaires sur l’évolution des techniques montrant son esprit toujours curieux mais logique et critique, et d’interrogations que se pose tout homme au terme de sa vie. Le texte est également émaillé d’anecdotes humoristiques. En voici un premier extrait qui se situe juste après guerre.

Le Latécoère 631 à Biscarrosse .

    Assemblage  et  mise  au  point  .

    Juste avant la guerre, l’industrie aéronautique française a eu l’ambition de construire les plus gros hydravions : 6 moteurs , 50 m. d’envergure , 70 tonnes. La réalisation en a été confiée, d’une part à la SNCASO à Marignane et d’autre part à LATECOERE, dirigé par M. Moine.
Plusieurs prototypes ont été réalisés, mais, à la fin de la guerre il ne restait plus qu’un SO 200 à Marignane que les allemands ont enlevé et coulé dans le lac de Constance à Friedrichshafen, et le LATE 631 "Lionel de Marmier"(1) en construction à Toulouse d’où il a été transféré en pièces détachées, par la route, à Biscarrosse à la fin de la guerre .

Le G.R.A. (Groupement français pour le développement des Recherches Aéronautiques) a obtenu que nous participions aux vols de mise au point pour effectuer nos propres recherches. Ce travail m’a été confié et j’ai déplacé en permanence à Biscarrosse une équipe de trois techniciens pour effectuer les équipements nécessaires. Nous avons donc assisté à l’arrivée des différents éléments, ce qui représentait un certain nombre de convois hors normes, notamment la coque en plusieurs morceaux et les ailes pour lesquelles il fallait déplacer des lignes électriques et téléphoniques et élargir des ponts, et assisté également au montage dans le hangar des Hourtiquets .
Les éléments de la coque arrivant en premier devaient être assemblés sur un berceau avant que les ailes ne parviennent . Le hangar des Hourtiquets avait 100 m. d’ouverture face à l’étang, séparé en deux par un pylône limitant les ouvertures effectives à 50 m. Le "spécialiste" du montage fit installer la coque approximativement au milieu d’une des travées et la première aile (la droite) arrivée fut montée et assemblée, soutenue par des berceaux du côté libre du hangar,  si bien que lorsque la deuxième aile arriva, il fut impossible de la monter car elle aurait dépassé de 1,50 m. la paroi . Comme il était impossible de déplacer la coque et son unique aile en porte-à-faux , le chef décida de couper 2 m. de l’extrémité de l’aile, en se contentant d’envoyer au bureau d’études de Toulouse un télégramme: "Avons coupé 2 m. de l’aile gauche, prière d’envoyer plan de raccordement". Ce qui a posé des problèmes notamment pour l’équilibrage. L’assemblage des éléments a finalement été achevé et l’avion, recentré dans le hangar, avait belle allure, mais un soi-disant responsable s’est quand même inquiété de l’allure avec laquelle ce travail avait été effectué, ce qui a fait découvrir que le riveteur, pour se faciliter le travail, n’avait pas utilisé les rivets prévus spécialement traités envoyés de Toulouse, mais avait préféré des rivets mous découverts par hasard dans un magasin local. Ces rivets n’ayant pas la résistance voulue, il n’y avait plus qu’une solution, les faire sauter à la perceuse et repartir à zéro. Les retards commençaient ainsi à s’accumuler .
C’est alors que commença le travail d’équipement intérieur et surtout l’équipement technique, c’est à dire les liaisons du poste de pilotage à tous les organes et principalement aux six moteurs.

 Georges Rollin (3 ème en partant de la gauche) lors de l'installation de l'explorateur de couche limite. ©Philippe Rollin
    Les nacelles  des moteurs et les moteurs eux-mêmes étaient accessibles par un tunnel formé par la paroi du bord d’attaque et le longeron de l’aile, un chariot sur rails était prévu pour le déplacement du personnel jusqu’au droit du troisième moteur et même au delà où la section était encore suffisante pour le passage d’un homme allongé et les bras en avant pour effectuer certains travaux ; c’est ce moyen que nous avons utilisé pour l’équipement en prises de pression vers l'extrémité de l’aile, grâce au dévouement d’un technicien longiligne spécialement entraîné. Il était relié par un câble au responsable de l’opération qui rappelait de toute urgence le chariot et son collègue en cas de nécessité.

    Le fonctionnement et le contrôle des moteurs demandaient trois types d’équipements : un équipement tubulaire pour l’alimentation en carburant et le contrôle de certaines pressions, un équipement mécanique "commandes Jacoté" actionnant notamment les accélérateurs, un équipement électrique pour la commande et le contrôle de nombreuses fonctions ; d’où l’intervention de trois entreprises extérieures auprès desquelles  les marchés avaient été passés. Il était prévu par le Bureau d’études Latécoère que ces équipements soient fixés sur la face frontale du longeron avant de l’aile, ce qui laissait libre passage au chariot.
       
    Les trois équipes d’installateurs se sont présentées les unes après les autres sans avoir de contacts entre elles et sans surveillance d’un responsable local. L'équipe d’électriciens fit aisément son travail, mais la seconde chargée du montage des commandes trouvant que l’emplacement occupé par les lignes électriques lui était préférable prit la liberté de les enlever pour s’installer à leur place.

 La troisième équipe chargée des tubulures agissant de même, on ne s’aperçut du désastre qu’au moment où les mécaniciens de la base voulant démarrer les moteurs n’obtinrent aucune réaction . Le travail a donc été repris en exigeant la présence simultanée des trois équipes.

    Comme les retards s’accumulaient, je ne venais personnellement à Biscarrosse que tous les quinze jours pour m’assurer de l’avancement du montage de nos équipements de mesure et limiter le nombre de techniciens au strict nécessaire. C’est alors que je m’aperçus que l’avion changeait de couleur à chacun de mes passages : blanc-bleu-vert-rouge-métallisé, puis de nouveau blanc.....Je me suis alors risqué, sur la pointe des pieds, à demander au responsable du chantier quand il serait fixé sur la couleur de l’appareil. Ma question le laissa perplexe, mais il se décida quand même à voir le peintre qui candidement lui fit remarquer qu’il était peintre et que son métier était de peindre. Comme il disposait de bidons de 200 litres de couleurs les plus variées, il en était à sa 7 ème couche, ce qui représentait en gros 700 kg de peinture, c’est à dire le poids d’une dizaine de passagers. Il reçut l’ordre de tout gratter et on ne laissa à sa disposition qu’un bidon de la couleur choisie.


Sonde de référence en bout d'aile du Laté 631 ©Philippe Rollin

    La possibilité d’un premier vol est enfin apparue. De notre côté nos équipements étaient en place :
- Anémoclinomètre(2) sur une perche en bout d’aile,
- Ceinture de prises de pression à la paroi dans une section d’aile choisie pour sa pureté,
- Double peigne rotatif de sillage monté à l’extrémité d’un mât fixé sur l’extrados,
- Double grappin de prises de pression pour les mesures à différentes altitudes dans la couche limite, ce dispositif étant constitué de deux peignes de prises de pression fixés à l’extrémité d’un bras monté sur un chariot central parcourant le profil de l’aile dans une zone choisie.

    Ces dispositifs étaient motorisés et toutes les télécommandes ainsi que les informations électriques et pneumatiques étaient centralisées au poste de commande installé à l’intérieur de l’aile au voisinage de l’emplanture, ce qui donne une idée de la dimension de l’hydravion. Tous les enregistreurs photographiques étaient également concentrés à cet endroit relié téléphoniquement au poste du chef des opérations situé près du pilote ; ce qui permettait de déclencher les mesures  pour des configurations de vol choisies au départ.

    Fonctionnant sur le 24 volts continu de bord, nos équipements furent rapidement accusés d’introduire des masses intempestives qui gênaient le pilotage. Aussi, pour couper court à toute contestation, j’ai installé une alimentation indépendante constituée par une génératrice 24 volts entraînée par un moteur 24 volts qui seul était en liaison avec le circuit de bord et donc facile à contrôler.

    Toutes les pressions des différents peignes étaient mesurées en différentiel avec la pression statique  fournie par l’anémoclinomètre(2) préalablement taré. Désirant vérifier ce tarage par rapport à la pression statique vraie du lieu du vol, j’avais prévu de larguer sous l’avion une sonde : imaginez une bombe munie d’ailettes stabilisatrices, prolongée à l’avant par une sonde de pression statique et suspendue en son centre de gravité à un mât articulé relié à un câble associé à un tube de renvoi de la pression, câble commandé par un treuil. Cette sonde, au départ, était solidaire d’un mât berceau dépassant à l’extrémité de la queue  par l’écubier arrière. Malheureusement lorsque j’ai largué la sonde, elle fut prise dans le tourbillon des hélices, et la voyant décrire de grands cercles au voisinage de l’empennage et risquant de le percuter, j’ai cisaillé le câble libérant la sonde qui est allé se planter quelque part dans le terrain de Cazau que nous survolions. Je n’en ai jamais entendu parler...donc tout s’est bien passé .

    Nous avons participé à tous les vols de mise au point. Je me tenais généralement dans le vaste salon derrière le poste à double commande de pilotage, salon largement vitré pour admirer le paysage dans tous les azimuts. Nous parcourions en général le littoral de l’Espagne à la Gironde à différentes altitudes, ce qui nous permettait de suivre le travail de déminage des plages, et nous avons terminé par un vol de longue durée (6 heures) au cours duquel j’ai pu admirer la Bretagne comme sur une carte Michelin à 3000 m. au dessus de Rennes.

    Des incidents, nous en avons eu, j’en évoquerais deux :
Le premier fut une panne de servocommande, c’est à dire que tout l’effort de manœuvre du manche à balai et du palonnier est à la charge du pilote ; j’ai vu alors le pilote et le copilote crispés sur les commandes, la figure congestionnée et ruisselante de sueur, les muscles bandés jusqu’à l’amerrissage.
Le second a eu lieu lors d’un décollage raté à pleine charge où l’avion s’est trouvé au départ au 2ème régime, c’est dire très cabré et ne pouvant que péniblement prendre de la vitesse et de l’altitude. La dimension de l’étang étant réduite, il n’était pas question de virer et de se poser ; il fallait à tout prix atteindre la mer. Seulement entre l’étang et la mer il y a une dune boisée d’une certaine hauteur qu’il fallait franchir. J’ai vu alors le "magnifique" spectacle des sommets des pins s’écartant devant la coque  et se faisant déchiqueter par les hélices. L’océan a pu être atteint et le pilote a pu piquer et repasser au 1er régime.

    Comme tout a une fin, lorsque la moisson de mesures a été jugée suffisante, nous avons abandonné les essais (le dernier vol ayant eu lieu le 31-01-1947) et, après avoir déséquipé l’hydravion, nous avons regagné Toulouse où nous attendait le transfert du G.R.A. à l’ONERA à Paris . C’est donc dans le cadre de l’ONERA que le dépouillement des enregistrements a été effectué.
    Ces vols ont été très enrichissants pour toute mon équipe et pour moi-même et ont laissé  des souvenirs souvent évoqués . Malheureusement, quelque temps plus tard, à la suite d’un blocage de gouverne, ce bel avion s’est abîmé dans les flots avec tout l’équipage qui nous était cher, sauf  notre pilote appelé à d’autres fonctions dans la Marine .

    Pourtant cet appareil était d’une robustesse à toute épreuve, quand on pense que sur l’exemplaire précédent, le pilote ayant demandé à un mécanicien de s’assurer de la réserve de carburant restant dans la soute, celui-ci a déboulonné le couvercle et allumé son briquet pour mieux voir le niveau : l’explosion qui s’ensuivit  détruisit tout l’aménagement intérieur et gonfla la coque...mais le pilote  réussit à amerrir.

    Pour conclure sur une note plus gaie, je dois avouer que cet hydravion aux lignes magnifiques étudiées dans les moindres détails en soufflerie comportait un grosse erreur sur un point d’aérodynamique .....l’étude des W-C.. . Comme cet appareil était destiné à voler au dessus de l’eau et à une altitude de 3000 m. environ, il n’était  pas venu aux ingénieurs l’idée de procéder à la mise en réserve des produits récoltés dans ces W-C. comme on le fait actuellement sur les avions de ligne. Il était plus simple d’opérer une évacuation immédiate vers l’extérieur au delà du 2ème redan .
Le siège du cabinet comportait une ouverture circulaire confortable se prolongeant jusqu’à sa sortie de la coque par une tubulure conique d'un mètre de long environ, constituant sans le savoir une soufflerie du type vertical utilisée pour l’étude de la vrille des avions sur maquette en vol libre. Dans cette soufflerie, la vitesse de l’air dirigé de bas en haut diminue avec l’altitude, si bien que si la maquette descend dans le tube, elle rencontre un air à vitesse supérieure qui la ramène à la position d’équilibre initiale. Il en est de même dans la tubulure du W-C., la pression intérieure de la cabine inférieure à la pression atmosphérique extérieure provoque un écoulement vertical de bas en haut dont la vitesse est modulée par l’obstruction plus ou moins importante de l’orifice supérieur. Cette circulation d’air frais est d’ailleurs particulièrement appréciée en été. Vous apercevez donc que les produits déposés tombent jusqu’à une position d’équilibre dans le courant ascendant. Mais lorsque vous libérez l’orifice, l’appel d’air est tel que les produits sont violemment projetés vers le haut et vous atteignent en pleine "figure", ce qui est vraiment désagréable. Toutefois cet effet est variable car il dépend de la densité et de la fluidité des produits déposés.
Cette situation n’avait pas échappé à mes techniciens. L’un d’eux, particulièrement facétieux (il a même terminé sa carrière auprès de De Funès pour la mise au point de ses gags) avait mis au point une technique infaillible pour piéger le premier utilisateur venu ; en dégageant légèrement le couvercle de fermeture, il introduisait une certaine quantité de liquide, de l’eau propre en principe, qui restait alors en suspension. Le premier client soulevant brusquement le couvercle recevait cette eau " en pleine poire". Il ne restait plus qu’à attendre la fin des opérations pour  jouir discrètement de l’air ahuri de l’utilisateur piégé, se demandant comment les embruns de la mer survolée avaient pu parvenir jusqu’à lui....il aurait pu se rendre compte que l’eau reçue n’était pas salée.

(1) Le LATE 631 "Lionel de Marmier" n°2 immatriculé F-BANT  effectua son 1er vol le 19 mars 1945. Il est reçu par Air France fin juillet et débute sur la ligne de Dakar. Il part ensuite en Amérique du Sud où il fait des démonstrations de prestige. Le 31 octobre 1945, les pales d’une hélice se détachent et tuent 2 passagers en traversant le fuselage, l’appareil réussit à se poser et, et une fois réparé, regagne la France.
Suite à une demande faite au centre de documentation du musée de l''hydravion de Biscarosse concernant la date du ferraillage du Laté 631 n°2 immatriculé F-BANT, celui ci m'a fait parvenir un extrait d'un rapport de l'inspection générale de l'aviation civile daté du 13 avril 1959 faisant un état des lieux de l'hydrobase de Biscarrosse-Hourtiquets. Il y est fait mention de l'occupation d'un des hangars par un Laté 631 de France hydro. Il ne peut s'agir que du F-BANT qui devait être transformé en cargo comme le F-BDRE accidenté en 1955 au Cameroun.
C'est le seul document de leurs dossiers certifiant la présence de l'appareil aux Hourtiquets en 1959.
Un ancien du CEV ayant séjourné aux Hourtiquets au début du changement d'affectation du site pour le CEL se souvient très bien de la présence de l'appareil en 1963, ce qui serait confirmé par le registre de la DGAC qui indique que le « Lionel de Marmier » dernier survivant des 12 LATÉ 631 a été réformé le 30 octobre 1964. 

Sonde de l'anémoclinomètre
(2) L'Anémoclinomètre est un appareillage de détermination des composantes du vecteur vent en un point d'un écoulement gazeux à partir de mesures de pression (statique et différentielles) effectuées par une sonde à tête sphérique (sphère  ou sonde cylindro- sphérique pour avion). Associé à un enregistreur rapide, ce dispositif permet d'analyser les turbulences et d'optimiser les profils aérodynamiques.


Pour compléter ce texte, je vous recommande ce diaporama très riche en image et qui résume l'histoire de cet hydravion géant "LATECOERE 631 Le géant des airs"
Vous pouvez voir les derniers vestiges (fauteuil, hublots, lavabo, hélices, etc) des LATE 631 au musée de l'hydraviation de Biscarosse .

Sources des informations :
Georges Rollin
Docavia n°34 "Latécoère, les avions et hydravions" de Jean Cuny : 
Le Fana de l'Aviation "Laté 631 La malchance" n°393 août 2002 au n°397 décembre 2002
Association P.-G Latécoère : http://www.latecoere.com/
Pionnair-GE : http://www.pionnair-ge.com/spip1/spip.php?article61
Le musée de L'hydraviation : http://www.hydravions-biscarrosse.com/002-musee/musee-accueil.php